DENISE ROBERTUne histoire d'amour avec MontréalMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 27-10-2008 | 04h00
«Il doit y avoir une erreur... vous vous êtes trompée de personne», a pensé Denise Robert en décrochant le combiné il y a un mois. Au bout du fil, Isabelle Hudon, présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lui annonçait la bonne nouvelle. Grande Montréalaise du volet culturel… titre prestigieux remis par le passé à Robert Charlebois, Guy Laliberté et Daniel Langlois entre autres. Malgré la gloire et les honneurs, Denise Robert n’a jamais oublié d’où elle vient. Elle parcourt la planète, a des contacts privilégiés avec les grands de ce monde, on la demande sur les jurys des grands festivals comme ces jours-ci au Festival international de films de Chicago. Pourtant, ce qu’elle aime avant tout, c’est de revenir chez elle, manger dans son bouiboui préféré du Quartier chinois avec sa famille ou chez Maria la portugaise dans Côte-des-Neiges. «Quand on a fait la promotion pour Les Invasions barbares, je me suis retrouvée avec Denis (Arcand) dans une grande soirée avec Charlize Theron, Tom Hanks, Clint Eastwood. On était les seuls Québécois. «À un moment donné, on s’est regardés et on s’est dit: Ce n’est pas nous autres tout ça. On avait hâte de rentrer à la maison.» Cette anecdote illustre bien la loyauté de la productrice pour Montréal. C’est un peu pour ça aussi qu’on lui remet le prix. «C’est plus qu’un clin d’oeil, c’est un coup de chapeau parce qu’elle a fait rayonner Montréal à l’étranger», dit Isabelle Hudon.
UN RÊVEDenise Robert est née à Rivière-Pentecôte et a grandi à Ottawa. Elle rêvait de faire du théâtre ou de devenir pianiste. Ses parents auraient préféré médecin comme son père. Elle se souvient de son premier contact avec Montréal, une ville qui la fascinait au plus profond de son être. «Je me souviens d’un voyage avec l’école primaire. On avait vu l’oratoire Saint-Joseph, j’étais entrée à l’intérieur et je m’étais dit: c’est ici qu’on fait des miracles.» À partir de cet instant, Montréal est devenu pour elle la ville des miracles… Elle y a déménagé ses pénates début vingtaine, transportant tous ses biens dans le coffre de sa voiture. Une amie lui a prêté un grand appartement vide pour le premier mois. Une simple ampoule meublait les lieux. «Mais qu’importe, j’étais libre dans la ville que j’aime», confie Denise Robert, au bout du fil depuis Chicago. Le déclic vers une carrière de productrice s’est fait avec le film À corps perdu, de Lea Pool. Elle est devenue femme d’affaires malgré elle. «C’était naturel, c’était caché en moi», dit-elle. Denise Robert a produit avec son associé et cofondateur de Cinémaginaire, Daniel Louis, plus de 35 films à ce jour. Elle était loin de se douter qu’elle se lançait dans un métier si difficile. «C’est excessivement compétitif, à très grand risque. On peut se tromper facilement. On est constamment en train de douter et de se remettre en question. Quand le public rejette un film où on a mis trois ou quatre ans de notre vie, ça fait mal», dit celle qui a toujours l’impression de devoir travailler encore plus fort. Aujourd’hui, c’est sa famille qui l’aide à mettre tout ça en perspective. Elle parle de sa mère qu’elle vient de perdre récemment et l’émotion lui fait encore vibrer la voix. C’était un de ses plus grands modèles. «Elle était le contraire de moi dans tout, mais elle m’a dit un jour: Ton métier, c’est à peu près la seule chose que tu peux vraiment contrôler. Ça fait partie de ta vie, travaille fort et fais ce que tu aimes.» Il faut toujours écouter sa mère…
Films produitsLes Invasions barbares, Surviving My Mother, Québec sur ordonnance, Les Voleurs d’enfance, L’Âge des ténèbres, Roméo et Juliette, Maurice Richard, Aurore, Idole instantanée, Ma vie en cinémascope, Mambo Italiano.
Films à venir
Le Grand Départ (Claude Meunier) |