LE CINÉMA QUÉBÉCOIS EN PÉRIL?Des artisans déçus mais pas inquietsDavid Patry Le Journal de Montréal 24-10-2008 | 10h21
Le cinéma québécois en arrache au box-office par les temps qui courent, mais ses artisans estiment que ce n'est qu'une question de temps avant que le succès refasse surface. Ils étaient une vingtaine hier à s'être déplacés au Colossus de Laval afin de participer à une activité de promotion. Quelque 400 personnes ont payé chacune 250 $ pour assister à la projection en avant-première du film Le Déserteur et côtoyer leurs vedettes préférées lors d'un cocktail et d'une soirée de festivités. Rendez-vous du cinémaL'événement servait de financement pour les Rendez-vous du cinéma québécois, qui a ainsi recueilli pas moins de 25` 000 $. «Le public ne nous est jamais acquis. Ce n'est pas automatique que les gens viennent voir les films québécois au cinéma», a rappelé le porte- parole des Rendez-vous, le comédien Raymond Bouchard. La plupart des artistes rencontrés ne s'inquiétaient pas outre me-sure des déboires du cinéma québécois aux guichets. «Si on connaissait la recette pour faire un succès, on ne ferait que ça», affirme le comédien Nicolas Canuel. Machine américaineDes films comme Le Cas Roberge, Truffe et Le Banquet n'ont pas attiré les foules dans les derniers mois. «On ne devrait jamais sortir de films l'été, estime l'acteur Jean-Nicolas Verreault. On ne peut tout simplement pas rivaliser avec la machine américaine.» Celui qui a joué dans Truffe regrette également qu'on compare des films qui sortent dans une douzaine de salles à ceux de Hollywood qui sont présentés sur plus de 90 écrans. Tous s'entendent pour dire que si le cinéma québécois en a arraché cette année, ce n'est pas une question de qualité. «Je mentirais en disant que j'aime tout ce qui se fait, mais nous sommes très performants en comparaison avec les cinématographies d'autres pays, affirme Geneviève Brouillette. Sur 150 films américains, il y en a 10 de bons!» lance-t-elle. QualitéMême son de cloche du côté de Nicolas Canuel. «Considérant que chaque film passe par un comité de sélection, à Téléfilm et à la SODEC, et qu'il est analysé et amélioré, je pense qu'on peut dire qu'on a des scénarios de grande qualité», indique-t-il. L'acteur Émile Proulx-Cloutier, vedette du Déserteur, qui sort à l'écran aujourd'hui, ne désespère pas, au contraire. Il a bon espoir de voir le film qu'il défend trouver sa place dans le coeur des Québécois. «Je ne suis pas analyste financier ou analyste de marché, mais le public québécois a déjà prouvé qu'il pouvait s'enticher d'un film. J'ai foi que ça peut encore se reproduire», conclut-il. Une vingtaine d'artistes ont participé hier à la soirée-bénéfice organisée pour les Rendez-vous du cinéma québécois. |