HIGH SCHOOL MUSICAL 3Le chant et la danse pour s'épanouirpar Bruno Lapointe Le Journal de Montréal 18-10-2008 | 11h00
High School Musical, ça vous dit quelque chose? À moins de vivre sous une roche ou dans un monde parallèle, il est pratiquement impossible de ne pas avoir eu vent de ce phénomène culturel qui balaie les États-Unis depuis deux ans. Depuis quelque temps, les échos de ses refrains résonnent jusqu’en Amérique du Nord. Montréal ne fait pas exception. D’abord présenté sur les ondes du Disney Channel, le premier opus a fracassé d’emblée tous les records de cotes d’écoute de la chaîne.
UNE ÉCHAPPATOIRE MUSICALELa formule était des plus simples: une bande d’étudiants mettent de côté tous leurs soucis et s’investissent corps et âme dans la création d’une comédie musicale en vue de la fin de l’année scolaire. C’est à travers le chant et la danse qu’ils parviennent à s’épanouir, à découvrir qui ils sont réellement. Des amitiés se forment, d’autres s’effritent, des couples se forment et des liens se tissent. Bienvenue à East High. Face au succès sans précédent du premier High School Musical, l’écurie Disney n’a pas eu d’autre choix que de rappliquer; l’été suivant, un deuxième opus voyait le jour, encore une fois sur le petit écran. Le succès fut encore plus impressionnant. T-shirts, affiches, poupées, jeux vidéo et autres produits dérivés des plus utiles aux plus farfelus ont depuis fait leur entrée sur le marché. Puis dans les foyers. En fait, à chaque nouvelle parution, les articles se vendent comme des petits pains chauds. Le phénomène est inévitable. Et indiscutable. Pour le troisième High School Musical, la barre était donc déjà haute. Mais elle s’est élevée à de nouveaux sommets, cette fois-ci inestimés. En effet, pour la première fois de toute son histoire, la bande d’East High prend d’assaut le grand écran. Fini le petit écran, Disney a aujourd’hui des idées de grandeur pour ses petits protégés. Du côté de la production, les attentes étaient évidemment plus importantes. Mais sur le plateau, on a tenu à passer outre cette pression. «Chaque fois qu’on ajoute un chapitre, la barre monte inévitablement. Ceci étant dit, on a tout de même préféré ne pas trop y penser, puisque la pression était déjà suffisante. En plus, ce sont tous des jeunes; il est important qu’ils puissent s’amuser, sans trop angoisser. Après tout, c’est le propos à la base de High School Musical», confie le réalisateur, producteur et chorégraphe Kenny Ortega.
UN UNIVERS UTOPIQUEC’est d’ailleurs consciemment que l’équipe derrière High School Musical a opté pour une version édulcorée, voire utopique, de la réalité des écoles secondaires. Pas de drogue, pas d’alcool, pas de gros mots, pas de MTS et encore moins de grossesses-surprises à East High. «Les jeunes d’aujourd’hui sont forcés de vieillir avant leur temps; ils sont encore très jeunes quand on leur parle de sexualité, de drogue et d’alcool. Et on leur met ainsi une pression incroyable sur les épaules. Avec des films comme High School Musical, on leur donne un moment de répit, un univers dans lequel ils peuvent s’évader», explique le scénariste Peter Barsocchini, qui a également signé les deux premiers volets. Une initiative qui a été bien reçue au sein de la distribution. Unanimement, même. «L’enthousiasme et la joie de vivre des enfants sont probablement les choses les plus belles et les plus pures qui soient. Si on peut arriver à les susciter chez les jeunes, je crois qu’il n’y a pas de plus grande fierté possible », remarque Olesya Rulin. «En fait, de tous les projets auxquels j’ai participé, c’est probablement de High School Musical que je suis la plus fière, puisque tout ce qui y est véhiculé est positif et sincère», ajoute Ashley Tisdale. «Avec l’état actuel du monde, je crois qu’il est nécessaire pour les jeunes d’avoir une échappatoire, un endroit où se réfugier, même s’il n’est qu’imaginaire», conclut Monique Coleman.
Une usine à starsÉté 2005. Des milliers et des milliers de jeunes répondent à l’invitation d’auditionner pour le nouveau projet du Disney Channel. Ils étaient à l’époque loin de se douter que ce modeste film sans prétention allait leur permettre d’entrer dans l’histoire…
Même son de cloche du côté de ses collègues. Surtout chez Monique Coleman. Dès les premières minutes de son audition, le doute s’est installé dans son esprit. «Tout sonnait faux pour moi. Je me disais que j’étais trop vieille, que Disney n’était pas nécessairement la meilleure chaîne pour moi», explique-t-elle. Il faut dire qu’elle était déjà à l’époque âgée de 25 ans et que l’école secondaire n’était plus qu’un simple souvenir. Mais High School Musical a fait le chemin qu’on lui connaît. En cours de route, le projet s’est transformé en véritable usine de stars. Les offres se sont bien vite mises à entrer à la tonne pour les jeunes vedettes. C’est probablement Zac Efron qui en ressort le plus transformé. En seulement deux ans, il est devenu la nouvelle coqueluche de tout Hollywood. «Récemment, j’ai revu des extraits du premier et je vois bien que je ne savais pas réellement ce que je faisais! J’ai tout appris sur le plateau des trois films de la série. Je ressors réellement de cette expérience comme on sort d’une véritable école secondaire», confesse-t-il humblement.
UNE RELÈVE ASSURÉEAujourd’hui que les personnages principaux reçoivent leur diplôme, l’avenir de la série n’en est pas pour autant incertain. Ce dernier chapitre de High School Musical présente un trio de nouveaux personnages qui pourraient très bien assurer la relève. Il ne serait donc pas surprenant de voir un quatrième volet s’ajouter à la série dans les prochains temps. Du côté des jeunes acteurs, la pression se fait déjà sentir. «C’est la même pression que d’être un nouvel élève dans une école. L’équipe des premiers films a contribué à faire de High School Musical le phénomène que l’on connaît aujourd’hui. Ce serait désormais à nous de porter le flambeau», confie Matt Prokop. Ses propos trouvent échos chez Jemma McKenzie Brown, une jeune Britannique qui se greffe aujourd’hui à l’équipe. «On arrive à l’intérieur d’une famille déjà établie et appréciée du public. Nous sommes conscients que rien n’est acquis et qu’il n’en tient qu’à nous de nous faire aimer des fans. Et de leur donner le temps de nous accepter», explique-t-elle. Bien qu’un potentiel High School Musical 4 n’ait pas encore reçu le feu vert, ni même été développé, le réalisateur Kenny Ortega ne cache pas son enthousiasme. «C’est sûr que c’est dans les cartes. Mais encore faut-il que les fans veuillent en avoir un. Pour ma part, il y a une foule de nouvelles trajectoires que j’aimerais explorer. Une chose est certaine, je n’ai pas fini de vous faire chanter et danser», confie-t-il, visiblement excité |