SODEC«Un film au Québec n'est pas rentable»CAROLINE ROY 22-09-2008 | 11h59
Les films québécois sont peu rentables. La preuve: même s'il a fait un tabac au cinéma, Bon Cop Bad Cop n'a toujours pas été payé au complet. Il reste encore cinq millions à régler. C'est du moins ce qu'a révélé Jean G. Chaput, le président de la SODEC, en commission parlementaire cette semaine à Québec. M. Chaput s'est présenté devant les députés de la commission de l'administration publique pour répondre au dernier rapport du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, qui critiquait la gestion de la SODEC. Une partie des débats a tourné autour du manque d'investissement des producteurs dans les longs métrages. Selon les chiffres avancés à la commission, un film québécois coûte en moyenne 3,1 millions de dollars à produire. La plupart du financement vient des institutions publiques et des crédits d'impôt. Trois fois son budgetUn producteur investit en moyenne 3% dans un film québécois. Il consacre 10% de l'enveloppe de production en salaires et un pourcentage similaire en frais administratifs. Le député de Borduas et ex-comédien Pierre Curzi a questionné M. Chaput sur des solutions à la faiblesse des investissements des producteurs québécois dans un film. «On sait qu'un film au Québec n'est pas rentable. Un exemple: Bon Cop Bad Cop. Il reste encore cinq millions à payer, donc il n'est pas payé. Ce n'est pas rentable, à moins qu'il ait une carrière internationale extrêmement longue», a indiqué M. Chaput. Ce dernier ne sait pas combien d'argent en plus les producteurs devraient investir pour améliorer la rentabilité des films. «Les gros contributeurs, c'est Téléfilm, la SODEC et le crédit d'impôt. À partir de là, qu'est-ce qu'on va demander aux producteurs? Ce n'est pas arrêté. On est en discussion avec eux», a dit le président de la SODEC. «Pour qu'un film soit rentable pour les investisseurs, il faut qu'il fasse trois fois son budget, a répondu pour sa part Kevin Tierney, producteur de Bon Cop Bad Cop. C'est évident que le film est toujours en dette envers ses investisseurs, dont je fais moi-même partie.» |