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Il y a longtemps que je t'aime - Faire le saut derrière la caméra
© LE JOURNAL - PABLO DURANT
Le réalisateur Philippe Claudel

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME

Faire le saut derrière la caméra

par Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
14-09-2008 | 17h00

Après une décennie passée à écrire pour le cinéma, Philippe Claudel se glisse enfin derrière la caméra pour Il y a longtemps que je t’aime. Pour ce faire, le scénariste et réalisateur se lance en terrain étranger. Il se lance dans un monde de femmes...

C’est Elsa Zylberstein qui a initié le projet, en quelque sorte. Mais l’idée de se plonger dans un univers entièrement féminin germait depuis quelque temps dans l’esprit de Philippe Claudel lorsqu’il s’est mis à plancher sur le scénario d’Il y a longtemps que je t’aime.

D’abord reconnu pour ses talents d’auteur littéraire, Philippe Claudel a commencé à lorgner le septième art il y a de cela 10 ans. Des commandes de scénario, puis des initiatives personnelles.

Puis, le temps était venu de diversifier ses récits, de se lancer en terrain moins connu. «D’habitude, je place des personnages masculins au premier plan. Puis est né en moi ce désir tout bête et confus de raconter l’histoire de femmes. J’avais envie de m’entourer d’actrices, de leurs visages et de leurs émotions», explique-t- il.

Cette fois-ci, il savait qu’il avait entre les mains la perle qui allait le pousser à se glisser derrière la caméra pour la première fois. Philippe Caudel ne carbure pas à la pression ou aux obligations.

«Faire un film, c’est une aventure en soi. Et c’en est une qui est coûteuse, tant en termes d’argent que d’énergie. J’attends d’avoir un bon sujet, un vrai sujet», explique-t-il.

Mais pour faire naître son sujet, il devait trouver les bonnes actrices pour camper les deux soeurs, ces personnages à la fois simples et complexes qui allaient déterminer le résultat final.

Le choix d’Elsa Zylberstein s’est fait de luimême. Après tout, Philippe Claudel savait qu’elle serait de la partie avant même de sortir sa plume. Voilà qui s’est reflété sur son écriture. «J’avais Elsa en tête tout au long du processus.

Je connaissais sa fragilité émouvante, et je ne l’ai jamais perdue de vue. C’est une femme qui a une peau si mince qu’on peut sentir le coeur qui bat dessous», confie Philippe Claudel.

KRISTIN SCOTT THOMAS EXTRAORDINAIRE

Puis, la tâche la plus ardue allait être de trouver l’interprète de Juliette, la soeur aînée au passé nébuleux. Peu à peu, un rêve s’est tracé, portant les traits de Kristin Scott Thomas. Mais Philippe Claudel ne savait pas encore si l’actrice d’origine britannique allait accepter cette offre.

«Kristin est dans une situation bien particulière; elle habite en France depuis quelque temps, elle a un statut de star internationale, mais on ne lui a jamais offert de premier rôle ici», remarque le réalisateur et scénariste.

Et elle a accepté. Cette occasion a permis à Philippe Claudel de redécouvrir cette actrice sous un nouveau jour. Sans pudeur. Sans orgueil. Tout en talent.

«Je savais qu’elle était une grande actrice. Personne n’en doute. Mais je ne la savais pas extraordinaire à ce point. Elle se donne comme on ne pourrait jamais même le soupçonner. Beaucoup d’actrices auraient refusé de tourner sans maquillage et sous des lumières dures et peu flatteuses. Mais elle a accepté. Elle a tout accepté», souffle-t-il, visiblement reconnaissant.

Et ça semble avoir porté fruits. Les journalistes américains ayant visionné Il y a longtemps que je t’aime ont déjà créé un buzz voulant que l’actrice se retrouve en nomination à la prochaine cérémonie des Oscars.

Mais Philippe Claudel demeure bien zen relativement à tout ça.

«Si elle est en nomination ou même récompensée, ce sera une belle surprise. Mais sinon, la Terre continuera de tourner. Après tout, on ne fait pas du cinéma dans ce but», conclut-t-il, sourire en coin.

Il y a longtemps que je t’aime prend l’affiche vendredi.

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