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Ghost Town - La percée américaine de Ricky Gervais
© LE JOURNAL
Rick Gervais

GHOST TOWN

La percée américaine de Ricky Gervais

par Maxime Demers
Le Journal de Montréal
14-09-2008 | 11h00

Ricky Gervais, l’homme derrière la très populaire série comique britannique The Office, tente une percée de ce côté-ci de l’Atlantique avec Ghost Town, une comédie de David Koepp qui lui donne son premier grand rôle au cinéma américain.

Les journalistes américains l’adorent, les fans d’humour british l’adulent, mais il faut bien se rendre à l’évidence: Ricky Gervais, 47 ans, est encore très peu connu du grand public de ce côté-ci de l’Atlantique.

En Grande-Bretagne, pourtant, c’est une tout autre histoire. Gervais qui a des racines québécoises (son grand-père, qui était canadien-français, s’est installé en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale), a rencontré le succès chez lui à 40 ans en créant la populaire série télé comique The Office, dans laquelle il s’est également donné le rôle principal (ce désormais patron détestable!).

On connaît la suite de l’histoire: immense succès en Angleterre, The Office a ensuite été vendue dans plus de 70 pays (dont le Québec qui en a fait sa propre version baptisée La Job).

Depuis, tout ce que touche Gervais se transforme en or. Il y a d’abord eu The Extras, cette série comique mettant en vedette des célébrités différentes à chaque semaine, puis ses populaires podcasts, des sketches mis en ligne depuis 2005 sur le site du quotidien britannique The Guardian et qui ont battu des records de téléchargements (plus de 4 millions par mois!).

Nous voilà, avec une dizaine d’autres journalistes nord-américains, face ce petit monsieur joufflu à l’accent british à couper au couteau, dans une chambre d’un hôtel de la Ville reine. Gervais a fait le voyage à Toronto pour présenter Ghost Town au Festival.

«Faites attention à votre langage corporel, vous avez l’air de vous ennuyer à mort! lance-t-il, pince-sans-rire, à un reporter, en se tirant une chaise autour la table. Voilà, le ton est donné. Exubérant à souhait, Gervais n’est pas tout à fait du genre ennuyant...

Réalisé par David Koepp (Secret Window), également connu comme scénariste (de Mission: Impossible, Spider-Man et le dernier Indiana Jones), Ghost Town (La Ville fantôme, en version française) raconte l’histoire d’un dentiste solitaire et misanthrope qui, après avoir survécu à une mort clinique, s’aperçoit qu’il peut voir et communiquer avec tous les fantômes qui circulent librement dans la ville.

L’un d’eux (Greg Kinnear) fera appel à lui pour qu’il aide sa veuve (Tea Leoni) à trouver l’homme avec lequel elle pourra refaire sa vie.

LE PROFIL DE L’EMPLOI

Koepp dit avoir regardé d’abord du côté de Hollywood pour trouver l’acteur qui camperait son dentiste.

«Mais pour un dentiste misanthrope, honnêtement, je ne vois vraiment pas quelle star hollywoodienne a le profil de l’emploi», lance en riant Koepp. «Puis, à partir du moment où le nom de Ricky est arrivé sur la table, je n’arrivais plus à me l’enlever de la tête. C’était un match parfait. Son style de comédie se mélangeait parfaitement avec le ton et l’humour du film.»

Gervais dit pour sa part avoir tout de suite été emballé par le scénario. « C’est le meilleur scénario que j’aie lu en cinq ans, souligne-t-il. Ça me ressemblait beaucoup, ça ressemblait beaucoup à ce que je fais, à mon style d’humour. J’ai tout de suite vu que j’étais la meilleure personne pour ce rôle. Parfois, on lit quelque chose et on se dit tout de suite : il faut que je fasse cela. C’est exactement ce que j’ai senti en lisant le scénario de Ghost Town.

«Il y a tellement de scénarios inutiles qui circulent dans ce milieu. Des films qui ont déjà été vus des tas de fois et qu’on n’a pas besoin de revoir encore. Mais celui-ci, j’avais l’impression de ne l’avoir jamais lu ni vu.»

David Koepp ne se le cache pas: il souhaite maintenant que sa comédie lance enfin la carrière de Gervais aux États-Unis (et au Canada). Même s’il est conscient que la compétition est féroce ces temps-ci dans les salles de cinéma.

«Quand on ne fait pas un film de superhéros, c’est difficile de trouver sa place en ce moment», déplore-t-il.

«Mais on sait, pour avoir fait plusieurs visionnements tests, que les gens qui voient le film l’aiment et trouvent Ricky très drôle. J’espère seulement que ces gens diront à leurs amis d’aller le voir le premier week-end...»

Ghost Town (La Ville fantôme, en version française) sort en salle vendredi le 19 septembre.

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