FESTIVAL DES FILMS DU MONDESoir de première pour Le banquetVanessa Guimond 26-08-2008 | 22h18
«Je suis hyper nerveux. C’est toujours la même chose. C’est mon troisième film, mais on dirait que je n’apprends pas, a déclaré le réalisateur Sébastien Rose à qui l’on doit aussi les films Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause et La vie avec mon père. C’est vraiment fou, car j’ai passé trois ans de ma vie à attendre ce moment.» Le long métrage, qui met en vedette les acteurs Alexis Martin, Catherine de Léan, Raymond Bouchard, Benoît McGinnis, Yves Jacques et Frédéric Pierre se veut un portrait cinglant de la réalité du milieu universitaire québécois et de la crise liée à l’ensemble du système d’éducation. «Je pense que les gens vont être surpris. C’est un film tough, mais en même temps, je crois qu’ils vont beaucoup aimer le sujet et qu’ils vont être contents que nous l’ayons abordé, a ajouté Sébastien Rose. C’est certain que ça choque un peu, mais je sais que le public souhaite voir des films qui ont du contenu. C’est pertinent de traiter de ce sujet.» Digne fils d’Hubert-Yves Rose, professeur en cinéma à l’UQAM et coscénariste du Banquet, Sébastien Rose est détenteur d’une maîtrise en philosophe de l’Université des sciences humaines de Strasbourg. «C’est certain que les thèmes abordés dans le film viennent de l’expérience que mon père et moi avons vécue dans le milieu universitaire. Nous avons tous les deux enseigné [Sébastien Rose a enseigné le cinéma au collège François-Xavier-Garneau]. C’est certain que c’était quelque chose que nous portions en nous, a-t-il confié. L’actualité m’a aussi beaucoup influencée. J’aimerais que mon film incite les jeunes à se mobiliser et à redéfinir le milieu universitaire.» Des acteurs consciencieux Le banquet est l’entrecroisement de trois histoires où les thèmes de la transmission des valeurs et du savoir sont abordés au sein d’un milieu universitaire en crise. Bertrand, interprété par Alexis Martin, est un professeur aux pris avec un étudiant troublé, joué par Benoît McGinnis, qui finit par chambouler la vision de son travail et de ses collègues. Frédéric Pierre incarne pour sa part le rôle d’un leader du mouvement contestataire étudiant, tandis que Raymond Bouchard tient le rôle d’un recteur universitaire doué pour la méchanceté. L’actrice Catherine de Léan quant à elle personnifie une jeune mère monoparentale récemment sortie d’une cure de désintoxication. «Je suis très fière de la portée sociale du film, a déclaré l’actrice Catherine de Léan. J’espère qu’il va susciter des discussions par rapport à l’éducation au Québec et par rapport aux valeurs que l’on choisit de transmettre aux jeunes.» Raymond Bouchard espère lui aussi que les spectateurs poursuivront leurs réflexions suite au visionnement du film. «C’est un bon film, très heavy, a-t-il confié. Les auteurs connaissent le milieu qu’ils décrivent, ils savent de quoi ils parlent. Il ne faut cependant pas croire que c’est un film à message. C’est plutôt un film qui pose des questions. Avec ce qui se produit en ce moment dans la société québécoise, j’espère que les gens qui vont voir le film vont continuer de se poser des questions sur le système d’éducation. Je crois qu’ils seront aussi humainement touchés.» Le film prendra l’affiche dans les salles de cinéma du Québec le 29 août prochain. |