CE QU'IL FAUT POUR VIVREUne culture qui se meurtMAXIME DEMERS Le Journal de Montréal 26-08-2008 | 11h52
Le Québec a fait son entrée dans la compétition officielle du FFM hier avec Ce qu'il faut pour vivre, premier long métrage de fiction de Benoît Pilon, qui met en vedette l'acteur inuit Natar Ungalaaq, révélé dans Atanarjuat, la légende de l'homme rapide. Scénarisé par le cinéaste Bernard Émond (La Neuvaine, Contre toute espérance), Ce qu'il faut pour vivre raconte l'histoire de Tivii (Natar Ungalaaq), un Inuit séparé de sa famille et envoyé dans un sanatorium de Québec après avoir appris qu'il est atteint de tuberculose. Le film se déroule pendant la vague de tuberculose qui sévissait dans le Grand Nord pendant les années 1950. «Après avoir lu le scénario, je me suis rendu compte que mon grand-père avait vécu une expérience semblable à l'époque, ce qui fait que cette histoire m'a beaucoup touché et que je tenais vraiment à participer au film», relate Natar Ungalaaq, rencontré hier dans le cadre du FFM. À CONSULTER
«Ensuite, pour m'imprégner du sujet du film, je suis allé rencontrer des gens qui avaient vécu cette crise à l'époque. Ces histoires m'ont beaucoup ému, alors je me suis impliqué à fond dans le film. Ce devait être terrible d'être déracinés et séparés des leurs sans savoir s'ils allaient pouvoir retourner chez eux un jour.» Survie de la culture inuite Par le biais du déracinement de Tivii, Ce qu'il faut pour vivre aborde le problème de la menace à laquelle fait face le peuple inuit (et les autres peuples amérindiens) depuis l'arrivée des Blancs en Amérique: la disparition de leur culture et de leurs traditions. Qu'en est-il aujourd'hui? «La culture inuite est encore vivante, mais elle meurt lentement», déplore Ungalaaq, qui travaille aussi comme producteur à l'Inuit Broadcasting Corporation, la chaîne de télé d'Iqaluit. «Il faut que le peuple inuit réussisse à adapter sa culture pour la préserver.» Natar Ungalaaq a été découvert en 2001 dans Atanarjuat, la légende de l'homme rapide, de Zacharias Kunuk, gagnant de plusieurs prix dans le monde, dont la Caméra d'or au Festival de Cannes. On l'a vu ensuite dans Le Journal de Knud Rasmussen, un autre film de Kunuk. Difficile pour un acteur inuit de se trouver des rôles? «Ce n'est jamais facile de trouver une bonne histoire. Mais il y a quand même des bons rôles disponibles. Et j'aime aussi travailler derrière la caméra. J'aimerais d'ailleurs réaliser aussi un film un jour...» Ce qu'il faut pour vivre sort en salle au Québec vendredi. |