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Tropic Thunder - Ben Stiller - Un film pas comme les autres
© Le Journal

TROPIC THUNDER - BEN STILLER

Un film pas comme les autres

Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
10-08-2008 | 05h00
Los Angeles – On comprend pourquoi Ben Stiller a mis une dizaine d’années à compléter ce projet de film, qui lui mitraillait la tête. Avec Tropic Thunder, Stiller en avait plein les bras. Le film est une parodie des grands films de guerre dans laquelle on se moque ouvertement des studios hollywoodiens – et des acteurs. Il commandait un budget colossal de plus de 100 millions de dollars, et Stiller devait aussi convaincre un studio d’endosser le projet.

L’acteur, réalisateur et producteur de 43 ans partait du mauvais pied. Ben Stiller ne s’impose pas vraiment auprès de ses pairs de la communauté de l’humour et de la comédie, mais ses films ont rapporté beaucoup d’argent – quelque chose comme 1,4 milliard de dollars –, et le studio DreamWorks y a vu un argument favorable.

Le début de Tropic Thunder (Tonnerre sous les tropiques) annonce les couleurs du film. On y présente quatre bandes-annonces bidon illustrant les faits d’armes des acteurs de Tropic Thunder dans d’autres films: Ben Stiller en action, Jack Black en vedette faisant fortune en pétant dans ses films, Robert Downey Jr. en prétentieux acteur australien oscarisé et Brendan T. Jackson en rapper.

Toutes ces prima donna ont été recrutées pour tourner un film de guerre à gros budget dont l’action a lieu au Vietnam. La production s’installe au Cambodge, mais les choses ne se passent pas comme prévu.

DU CINÉMA-VÉRITÉ

Le film qu’ils croient faire n’est plus un film quand le réalisateur saute sur une mine. Les acteurs croient à une mise en scène et s’enfoncent dans la jungle, persuadés qu’ils sont filmés par des caméras cachées dans les arbres et que leur film en sera un de cinéma-vérité! Et ça va de mal en pis quand ils tombent sous le feu nourri de trafiquants d’héroïne qui les prennent pour des soldats venus les arrêter.

Si vous pensez être un peu mêlés dans tout ça, permettez que l’on vous présente l’acteur australien Kirk Lazarus (Robert Downey Jr.). Gagnant de plusieurs Oscars, Lazarus est un être pédant et prétentieux, un acteur qui ne jure que par la méthode enseignée dans les écoles d’art dramatique. Pour ce rôle, Lazarus s’est teint la peau en noir et parle l’argot du ghetto, même lorsqu’il ne joue pas son personnage de soldat afro-américain. Pendant que tout le monde se cherche un peu, lui sait qui il est, comme en témoigne cette réplique qu’il sort dans la jungle: «Je sais qui je suis, je suis le gars qui joue le gars déguisé en autre gars!»

UN FILM DANS UN FILM

Bien qu’il admette avoir vécu l’expérience la plus agréable de sa vie, Ben Stiller concède que l’ampleur de cette production lui donné des sueurs froides et chaudes.

«Le projet était énorme, il a fallu des années de gestation avant d’arriver en préproduction et on a travaillé six mois avant le début du tournage (dans l’île hawaïenne de Kauai) à construire des ponts et à déblayer une route envahie par la jungle depuis la Deuxième Guerre mondiale. Et comme tout le monde sait, il pleut beaucoup à Hawaï – 350 jours par année à Kauai.»

Et le travail ne faisait que commencer. «Ce n’était pas évident de tourner un film à l’intérieur d’un film», de dire Ben Stiller, l’homme aux plusieurs chapeaux.

«Mais il avait tout prévu, d’ajouter son coscénariste, Justin Theroux. Ben avait planifié le tournage de la même scène sous plusieurs angles et avec des dialogues différents, de sorte qu’il avait plusieurs options dans la salle de montage. Il pouvait couper ici ou là et il lui restait toujours quelque chose sous la main. En vérité, on a coupé trois heures de scènes au montage.»

Stiller est un bon ami de Jack Black, le premier à être de la distribution, mais il n’avait jamais croisé Robert Downey Jr. avant d’entrer en préproduction à six mois du début du tournage. «Robert possède un talent rare, comme on le constate encore une fois. C’est lui qui a façonné la personnalité de son personnage et il faut le voir pour le croire.»

Pour sa part, Downey éprouvait une certaine inquiétude vis-à-vis de son personnage et comment il allait l’interpréter. «Je savais que je regretterais amèrement de le jouer… ou que je serais extrêmement heureux de contribuer à un film de Ben Stiller.»

Le résultat, tant pour lui que pour les autres acteurs, et aussi pour l’auditoire, est probant. Tropic Thunder, qui sort le 13 août, n’est décidément pas un film comme les autres.

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