PROJET DE LOI C-10 - CENSURELes conservateurs entrouvrent la porteDavid Patry Le Journal de Montréal 29-07-2008 | 11h12
Les conservateurs pourraient faire marche arrière au sujet du projet de loi C-10, qui ouvre la porte à la censure dans le cinéma canadien. Ils se disent maintenant prêts à faire des compromis. Les libéraux de Stéphane Dion pourraient devoir trouver autre chose que la culture pour faire tomber le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Alors que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, avait laissé entendre que le projet de loi C-10 constituerait une question de confiance pour le gouvernement et qu'il devait être adopté tel quel, voici qu'au ministère du Patrimoine, on se dit ouvert à l'amender. «Le but, c'est de régler le problème, la zone grise dans la loi», affirme l'attaché de presse de Josée Verner, Dominic Gosselin. Le projet de loi C-10, qui permet de retirer les crédits d'impôts à une production jugée «contraire à l'ordre public», a été décrié par toute l'industrie cinématographique canadienne. Une clause «catastrophique pour notre cinématographie», a lancé en mai le producteur Roger Frappier (La Grande Séduction, Borderline) devant le comité sénatorial des banques et du commerce, qui a tenu des audiences sur le sujet. Même le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a argué devant le sénat que le projet de loi serait dommageable pour l'économie de la métropole. Des amendements intéressants Les sénateurs libéraux ont donc proposé des amendements à la loi pour répondre à leurs craintes. Des amendements qui intéressent la ministre du Patrimoine, Josée Verner. «Elle a pris connaissance des amendements proposés par les sénateurs», affirme Dominic Gosselin. Les amendements reviendront à la Chambre des communes à l'automne et pourraient bien obtenir l'aval des conservateurs. Ceux-ci se montrent ouverts aux amendements «si ça va dans le sens de ce que l'industrie cinématographique veut», souligne l'attaché de presse de Josée Verner. «On a toujours dit qu'on était prêts à travailler avec les gens de l'industrie sur C-10. On a toujours été prêts à voir ce qu'on pouvait faire», conclut-il. |