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Astérix aux Jeux Olympiques - Rousseau raconte
© Photo Marc-André Boivin
Stéphane Rousseau joue Alafolix dans le nouveau Astérix qui prend l’affiche mardi.

ASTÉRIX AUX JEUX OLYMPIQUES

Rousseau raconte

Marc-André Boivin
07-07-2008 | 19h32
C’est le mardi 8 juillet que sort en salles la production la plus dispendieuse de l’histoire du cinéma français, Astérix aux Jeux olympiques, troisième volet des aventures sur grand écran de nos valeureux Gaulois, réalisé par Frédéric Forestier et Thomas Langmann au coût de 78 millions d’euros.

Stéphane Rousseau, en Alafolix, y tient un des rôles principaux et c’est lui qu’on a envoyé pour défendre ce long-métrage qui a été écorché par la critique française lors de sa sortie là-bas en janvier dernier. Au départ, il faut préciser que la critique des cousins s’est quelque peu emballée. Le film n’est peut-être pas à la hauteur de l’hilarant Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, mais il est nettement mieux que le premier de la trilogie, ennuyant à mourir, film qui avait été réalisé par Claude Zidi.

«Je crois qu’il y avait quelques comptes à régler en ce qui concerne les critiques là-bas. Thomas Langmann n’est pas vraiment un réalisateur super apprécié et il a peut-être fait preuve d’un peu d’arrogance à l’endroit des journalistes. Une chose est certaine, c’est que j’ai déjà vu des films pires que celui-ci. C’est un bon divertissement familial et j’espère que le public québécois va être au rendez-vous», confie d’entrée de jeu l’humoriste qui n’hésiterait pas une seule seconde à se replonger dans un tel projet si on lui en redonnait la chance, même s’il admet que le tournage a été difficile.

Gros plateau, gros ego

Il faut dire que ça ne doit pas être évident de gérer un plateau où sont réunis de gros ego comme Depardieu ou encore, Delon. Pour vous dire, Rousseau est probablement l’acteur que l’on voit le plus, après Brutus, le fils de César, bien joué par un Benoît Poelvoorde que les enfants vont adorer en méchant, mais qui jure également à qui veut bien l’entendre qu’il ne s’embarquera plus jamais dans une telle production. Toutefois, aucune trace du joli minois de l’acteur québécois sur les affiches du film.

«Là-bas, Stéphane Rousseau, ils s’en câli… Moi, je ne leur donnais pas de problème sur le plateau. Ils savaient que j’aurais joué le chien Idéfix s’ils m’avaient demandé de le faire. Mais avec les autres qui s’obstinent à savoir qui va avoir son nom en premier dans le générique, disons que ça n’aide pas les choses», affirme Rousseau.

«Ç’a été un tournage compliqué, d’abord parce que c’était un plateau énorme, mais aussi parce qu’il y avait deux réalisateurs avec un budget imposant de 500 000 euros par jour de tournage. Disons que ça laisse peu de place à l’improvisation et que tu ne peux pas vraiment déplacer des choses ou changer d’idée», explique-t-il.

Selon Rousseau, Langmann et Forestier ne sont pas nécessairement des personnes avec un très bon sens de l’humour, ce qui a joué aussi au niveau de certains gags qui tombent à plat alors qu’eux se marraient. «Ils proposaient des trucs qu’ils trouvaient parfois très drôles, mais qui ne l’étaient vraiment pas, alors ça laissait place à des confrontations, pas avec moi, évidemment, mais avec certains des acteurs plus expérimentés. Moi, de mon côté, j’étais un petit nouveau et je faisais ma petite affaire tout en restant très malléable avec ce qu’ils me proposaient», souligne l’humoriste.

«Tout ça a créé une ambiance un peu difficile, mais ç’a aussi donné des trucs profitables par moment. C’est vrai que le film aurait pu être plus drôle et que la finale est discutable parce qu’elle ressemble à un clip avec les différentes apparitions éclair que tout le monde s’est laissé contaminer par les critiques assassines», affirme-t-il.

Apparitions remarquées

Sans oublier que des vedettes comme Zinedine Zidane, Amélie Mauresmo, le basketteur Tony Parker, Jamel Debbouze, Numérobis dans le deuxième film, ou nul autre que Michael Schumacher, font des apparitions remarquées, rien pour aider un tournage toutefois.

«Quand tu décides de déplacer un Zidane en Espagne, où il ne peut mettre un orteil dehors tellement il est populaire, ça rend les choses un peu plus compliquées. Quand tu te ramasses autour d’une table pour dîner avec tout ce monde-là qui vaut des centaines de millions d’euros, tu te sens tout petit et tu prends rarement la parole», lance Rousseau en riant.

Le film est parsemé de clins d’œil, que ce soit à Star Wars, Ben Hur ou encore, Cyrano de Bergerac dans lequel avait joué Depardieu. On y retrouve également la présence d’acteurs pour le moins intéressants. On pense ici à José Garcia ou encore à Alexandre Astier, le roi Arthur de la série Kamelotte, qui tient ici le rôle de Mordicus, un soldat romain qui penche du côté de Brutus, qui ne cesse de tenter d’assassiner son père César, un Delon qui fait dans l’autodérision.

Pas de gros changements

Depuis la sortie du film Astérix aux Jeux Olympiques, Stéphane Rousseau affirme ne pas avoir vu de gros changements en ce qui concerne les offres qu’on lui fait. «J’en reçois toujours chaque mois, et ce, depuis Les invasions barbares. J’ai trois ou quatre projets en attente présentement», confie-t-il.

Rousseau, qui a fait des apparitions au Festival Juste pour rire dans les galas de Rachid Badouri et de Laurent Paquin, est a terminé la tournée de son dernier spectacle qu’il a présenté à 420 reprises.

«Il faut maintenant que je me dépêche à en sortir un autre pour ne pas me faire oublier des Français. Parce que si tu n’es pas là-bas à temps plein et que tu attends trop longtemps, il faut tout recommencer à zéro. C’est très difficile de se faire un nom en France, mais une fois qu’il est fait, les gens sont semble-t-il très fidèles», mentionne l’humoriste.

Loin de se plaindre, Stéphane Rousseau confie qu’il a vécu dernièrement des trucs qu’il n’aurait jamais pensé vivre. Est il est nerveux à la veille de la sortie d’Astérix aux Jeux Olympiques? Celui-ci est partagé. «Je le suis oui et non, mais de toute façon, ça ne peut pas être pire que la sortie en France», lance-t-il avec le sourire.

Film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, Astérix aux Jeux Olympiques prendra l'affiche au Québec à compter du 8 juillet.

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