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Isabelle Blais - L'envie de rôles extrêmes
© Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin
Isabelle Blais

ISABELLE BLAIS

L'envie de rôles extrêmes

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
29-06-2008 | 11h00
Vedette de Borderline, Isabelle Blais est surprise et très heureuse du succès du film, qui récolté 1,3 million de dollars aux guichets et qui vient de sortir en DVD. «Je me demandais comment le grand public allait réagir», avoue-t-elle.

Isabelle Blais est surprise, «oui et non». «Oui» parce qu’elle avait des doutes. «Non» parce qu’elle savait que c’était un film touchant.

Elle est surtout très heureuse de la performance du film en salle. Lors de sa sortie, elle se posait des questions, se demandait si les gens allaient pouvoir d’identifier au personnage de Kiki, qui n’a rien de simple.

«J’espérais que ce soit un truc accessible à tous, dit-elle franchement, mais je n’en étais pas certaine. Je souhaitais ça, mais je ne voulais rien appréhender. Quand j’ai vu le film, j’ai été beaucoup touchée et je souhaitais que les gens pensent comme moi. Mais je ne pouvais pas prévoir.»

MESSAGE POSITIF

Comme beaucoup de cinéphiles qui ont vu le film, Isabelle Blais est sortie de la projection changée. Elle avoue que Borderline l’a beaucoup fait réfléchir à ce que sont véritablement l’amour et la résilience.

«Ce n’est pas parce qu’on est mal parti dans la vie qu’on ne peut rien faire, dit-elle. C’est un beau message positif, un message d’espoir.»

Borderline, inspiré des livres Borderline et La Brèche, de l’auteure Marie-Sisi Labrèche, raconte l’histoire de Kiki Labrèche, prise avec un grave trouble de personnalité, qui se réfugie dans des aventures sexuelles et des pratiques d’automutilation pour combler son manque d’amour-propre. L’anniversaire de ses 30 ans est le plus bouleversant, mais aussi le plus beau, car elle reprendra contact avec une personne terriblement importante qu’elle avait délaissée depuis trop longtemps: elle-même. Pour parvenir, Kiki devra plonger dans son enfance, reconquérir les yeux bleus de sa mère folle et tous les fantômes qui se battent encore dans son ventre.

Pour la comédienne, qui s’est vraiment transposée dans la peau de Kiki et a été encensée par la critique, le sujet de Borderline parle à tout le monde à différents degrés, «dans nos relations familiales, avec notre mère, dit-elle. Un sujet délicat qu’il est bon d’aborder».

UN RÔLE RARE

L’aventure avait débuté un peu par hasard. Lorsqu’Isabelle Blais collaborait à un reportage pour le magazine Clin d’œil, elle a rencontré l’auteure, qui en était aux premiers balbutiements de son scénario. Tout de suite, cette dernière lui a signifié qu’elle la verrait jouer son propre rôle au cinéma.

Il n’en fallait pas plus pour que la comédienne achète les livres de Marie-Sisi Labrèche et saute à pieds joints dans son univers. Tout de suite, elle a aimé son style dur et poétique à la fois, «quelque chose qui me parle», indique Isabelle.

La suite est simple. Isabelle a décroché le rôle et adoré plonger dans l’aventure cinématographique de Borderline. Le rôle de Kiki, qu’on retrouve à 20 puis à 30 ans dans le film, n’est pas facile. Isabelle Blais porte le scénario sur ses épaules. Mais il lui a permis d’exploiter une large palette de son talent.

«Les rôles comme celui-là, aussi riches que celui-là, il n’y en a pas beaucoup, admet la comédienne. Au début, ça me faisait un peu peur de le jouer, mais j’ai relevé le défi.»

Et après un rôle comme celui de Kiki, qu’est-ce qu’une actrice peut espérer jouer? «Il y a plein de choses qui me plaisent et plein de choses que je n’ai pas réalisées, dit-elle. J’ai envie de rôles plus extrêmes, plus gros, moi qui n’ai pas le casting pour des personnages flyés. On me voit surtout dans des rôles doux, des trucs de bonne petite fille tranquille.»

En plus d’Isabelle Blais, Borderline met en vedette Angèle Coutu et Sylvie Drapeau et compte sur la participation de Jean-Hugues Anglade.

Tous les sens en éveil

Au moment où vous lisez ces lignes, la comédienne, qui est aussi chanteuse, est en France pour y tâter le terrain pour la première fois avec sa formation, Caïman Fu.

Pour Isabelle Blais, chanter sur scène, alors que tous ses sens sont en éveil pour connecter avec le public, et jouer au cinéma a quelque chose de similaire: «L’aspect live rapproche du cinéma, dit-elle. C’est une forme de jeu.»

Avec Caïman Fu, la chanteuse partait il y a quelques jours pour présenter huit spectacles en France. Elle et ses coéquipiers du groupe devaient chanter à Paris, à la salle L’Entrepôt, dans le cadre de la Fête nationale du Québec et du 400 de Québec, pour la grande fête populaire organisée par la Délégation générale du Québec Paris. Le groupe en profitait aussi pour faire escale Lyon afin de participer à la 27 Fête de la Musique et pour faire des petites salles en périphérie de Paris.

Caïman Fu présentera ses succès au public français et aussi les nouvelles chansons du troisième album du groupe, qui doit paraître au mois de septembre.

«On a le goût de jouer nos nouvelles chansons, avoue Isabelle, et on a hâte de voir la réaction des gens, des spectateurs typiquement français», ajoute-t-elle.

RETOUR À C.A.

Au retour, toute l’équipe de la série télé C.A. se retrouvera, dès le 2juillet, pour poursuivre les enregistrements des épisodes de la nouvelle saison.

«On a déjà commencé à la mi-mai, fait savoir la comédienne. On a du fun au boutte!»

Les tournages de C.A. doivent se poursuivre jusqu’à la mi-août. Le p’tit couple de la série sera de retour avec des intrigues nouvelles. Sarah et son chum essaient d’avoir des enfants: «Ça va brasser, en convient la comédienne. Ça ne sera pas aussi facile qu’ils le croyaient.»

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