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Loi antipiratage - Les pirates ont été mis knock-out
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Montréal s’est débarrassé de son titre peu enviable de capitale nord-américaine du piratage, notamment grâce à la loi C-59.

LOI ANTIPIRATAGE

Les pirates ont été mis knock-out

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
23-06-2008 | 14h25

Montréal s'est débarrassé de son titre peu enviable de capitale nord-américaine du piratage, notamment grâce à la loi C-59.

Un an après l'adoption de la puissante loi C-59 contre le piratage dans les salles de cinéma, Montréal n'est plus le repaire international des pirates, constate avec satisfaction l'industrie. Bilan d'un combat.

« La petite organisation qui nous piratait est knock-out!»

C'est sur le ton de la réjouissance que nous répond Vincent Guzzo, vice-président des cinémas du même nom, lorsqu'on lui demande où en est la guerre contre les pirates de films.

«Pour nous, c'est mission accomplie, se félicite-t-il. La loi C-59 nous a donné les outils nécessaires pour nous attaquer au problème, et c'est ce qu'on a fait.»

La puissante Association canadienne des distributeurs de films (ACDF), qui représente certains des plus grands studios hollywoodiens et qui entretient en permanence une division des enquêtes sur le piratage, partage cet avis.

«Montréal avait un sérieux problème, dit Mike Robertson, vice-président principal et chef de l'ACDF. Mais grâce à la loi et à l'action des cinémas, nous avons enregistré une baisse très significative des activités de piratage dans la ville. Il n'y en a pas eu depuis un certain temps déjà.»

La victoire de Montréal a des échos dans le reste du pays.

«A-t-on observé une grosse diminution des cas de piratage au Canada? Absolument», affirme Wendy Noss, directrice en chef de l'ACDF.

«Ce sont d'excellentes nouvelles pour l'industrie québécoise», résume Daniel Séguin, de l'Association des propriétaires de cinémas et ciné-parcs du Québec.

Menaces et loi

L'industrie du cinéma a vraiment mis le paquet dans cette lutte antipiratage qu'elle mène depuis 2006. Elle a utilisé toutes les tactiques possibles pour venir à bout du problème, de la menace à l'éducation, en passant par la législation.

En janvier 2007, FOX lance sa première offensive en menaçant d'annuler la sortie de ses films au Canada. Un autre grand studio américain, Warner, emboîte le pas quatre mois plus tard en annulant certaines premières médiatiques. Dans le milieu, on murmure que ces menaces visent à faire adopter une sévère loi antipiratage par le Parlement canadien.

C'est finalement chose faite quelques semaines plus tard, lorsque le gouvernement conservateur dépose le projet de loi C-59, rendant illégal le fait de filmer dans un cinéma sans l'autorisation du gérant.

«Avant cette loi, nous ne pouvions à peu près rien faire quand nous interceptions des pirates la main dans le sac, rappelle Wendy Noss. Il fallait se servir de la Loi sur le droit d'auteur, qui est très difficile d'application pour ce type de problème.»

Des campagnes d'éducation publique ont aussi été lancées en même temps que le gouvernement légiférait, notamment chez les cinémas Guzzo.

«Nous avons mis des affiches partout dans nos cinémas pour expliquer aux gens que piquer un film équivalait à piquer notre culture, explique Vincent Guzzo. Les gens ont très bien compris le danger potentiel que représentait le piratage.»

Le combat se poursuit

Même si, un an plus tard, les résultats sont probants, la lutte n'est pas terminée, prévient l'industrie.

«Il faut absolument que l'industrie poursuive ses efforts antipirates», lance Daniel Séguin.

«Ce ne sont plus les individus qui sont un problème, car ils ont compris que c'était mal de filmer dans un cinéma, ajoute Mike Robertson. Mais malheureusement, il y aura toujours des organisations de pirates qui tenteront de nous voler.»

«La seule façon de nous débarrasser de ces regroupements professionnels sera de faire diminuer la qualité et la disponibilité des films piratés, poursuit-il. Nous allons ainsi continuer de développer de nouvelles technologies et méthodes d'enquête jusqu'au jour où on pourra définitivement enrayer le piratage. Et ce jour viendra.»

Poursuite de 60 000$ pour un sac fouillé

La guerre contre les pirates fait des victimes collatérales : une cliente qui poursuit les Cinémas Guzzo pour une fouille abusive de son sac à main a récemment offert de régler le différend pour 3000$, ce que refuse vivement le viceprésident de l'entreprise.

Retraits

Juin 2007. Fox vient de retirer deux gros films (Fantastic Four et Die Hard 4) du cinéma Méga-Plex Lacordaire en guise de représailles pour de récents actes de piratage.

Sur les dents, l'entreprise décide d'instaurer une politique de fouille aléatoire des sacs de ses clients.

Quelques jours plus tard, une consommatrice, qui dit avoir été fouillée contre son gré à l'entrée du Méga-Plex Marché Central, dépose une poursuite de 60 000$ en indemnités et en dommages exemplaires contre Guzzo.

«La grande majorité des clients comprennent pourquoi nous fouillons occasionnellement leurs sacs, explique Vincent Guzzo, vice-président de l'entreprise. Mais pas elle.»

Question de principes

La plaignante a récemment offert un règlement à l'amiable de 3000$, ce qu'a refusé Vincent Guzzo.

«C'est une question de principes, dit-il. On se fait fouiller partout de nos jours, et les raisons derrière la vérification des sacs à dos dans nos cinémas sont compréhensibles. Nous avions un problème de piratage, il fallait le régler, et c'est ce que nous avons fait.»

Le processus judiciaire suivra donc son cours dans les prochains mois.

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