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Get Smart - L'espion qui niaisait
© Warner Bros

GET SMART

L'espion qui niaisait

par Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
14-06-2008 | 11h00

Au fil des ans, plusieurs populaires téléséries américaines des années 1960- 1970 ont été exhumées et ressuscitées par le cinéma, avec plus ou moins de succès. Lost in Space, Starsky and Hutch, Charlie’s Angels, Dukes of Hazzard, pour ne nommer que celles-ci, auraient dû reposer en paix et ne jamais quitter le cimetière. Mais dans le cas de Get Smart (Max la menace), cette seconde vie annonce une rafraîchissante surprise.

Le réalisateur Peter Segal avait la délicate tâche de ramener à la vie cette série irrévérencieuse qui martelait par la satire les méthodes du contre-espionnage américain au plus fort de la Guerre froide et de la guerre du Vietnam.

«Il n’était pas question de recréer le Get Smart de ces années-là, mais plutôt d’en réaliser une version contemporaine qui actualiserait l’humour des concepteurs de l’époque, Mel Brooks et Buck Henry, et l’offrir à une nouvelle génération», explique Peter Segal.

La télésérie parodiait l’agence gouvernementale fictive CONTROL, qui combattait sous le couvert du secret le plus absolu les tentatives des agents ennemis de KAOS, déterminés à créer le… chaos.

D’HIER À AUJOURD’HUI

«Nous nous sommes simplement inspirés des manchettes d’aujourd’hui pour ramener l’agent Maxwell Smart à l’avant-scène», observe le scénariste Tom J. Astle. «Avec tout ce qui s’est passé depuis 2001, on vit encore cette atmosphère de tensions internationales, de complots et de mystère qui prévalait il y a une quarantaine d’années, et le moment semblait approprié pour faire ce film. Peu de choses ont changé, même qu’on a plus que jamais besoin de Maxwell Smart!»

Les gadgets les plus farfelus faisaient partie de l’artillerie de Smart et de son équipière d’alors, l’agent 99, incarnée à la télévision par Barbara Feldon.

«L’émission était réputée pour ses gadgets, et nous en avons un lot dans le film, dit Peter Segal. Il n’y a pas d’espions sans gadgets.»

LES GADGETS

Le plus flyé des gadgets de Max Smart était ce soulier qu’il portait à son oreille après avoir déplacé le talon et qui devenait un téléphone. «C’était à coup sûr le précurseur du cellulaire, rigole Segal, et c’est aujourd’hui dépassé, mais on ne peut faire un film sur Get Smart et ne pas avoir ça.»

La panoplie du parfait espion du XXIe siècle s’est modernisée. Un couteau suisse se transforme en lance-flammes, une cabine téléphonique en ascenseur, une montre bracelet en détecteur de radioactivité, de la soie dentaire en explosifs, une molaire de Max en radio-émetteur et ses boutons de manchettes en bombes, pour ne citer que ceux-là.

Les amateurs de la télésérie ne pourront non plus manquer le passage furtif de voitures clairement identifiées à Get Smart: la Sunbeam Tiger rouge vif, l’Opel GT dorée et la Karman Ghia bleue passent en coup de vent.

Le réalisateur Peter Segal, fier d’avoir recruté Steve Carell pour le rôle principal, résume bien le style qu’il a voulu donner à son film. «J’ai pensé à l’agent 007 (James Bond) et me suis dit qu’en l’étirant un peu plus, nous aurions notre héros et le ton idéal pour faire un Get Smart qui colle à la réalité.»

Dans les textes qui suivent, nous vous invitons à rencontrer les acteurs de Max la menace.

L’AGENT 86 (Steve Carell)

© LE JOURNAL
Steve Carell
Maxwell Smart est trop précieux comme analyste au sein de CONTROL pour que le Chef lui confie un travail d’agent sur le terrain. «Sa compétence fait l’unanimité, au même titre que ses gaffes et maladresses», dit Steve Carell, qui se glisse sous la peau de Max la menace.

L’acteur connaissait bien le personnage original, mais il voulait l’incarner à sa manière et a donc préféré ne pas visionner les épisodes télévisés pour se tremper dans l’intrigue. «Il n’était pas question que je fasse une imitation de Don Adams, et le scénario était assez riche pour m’alimenter.»

Smart verra son rêve le plus cher se réaliser lorsqu’une fuite au sein de l’agence lui vaudra d’être promu agent secret avec son propre numéro: 86.

«Le scénario me laissait des ouvertures qui m’ont permis d’improviser, ce qui allait de pair avec l’inexpérience de l’agent 86, qui n’a pas toujours un plan bien précis en tête», de dire Steve Carell.

L’acteur s’aventure pour la première fois dans un film d’action et il a dû s’entraîner sérieusement pour exécuter – ou feindre – les spectaculaires cascades prévues au scénario. «J’ai fait de mon mieux pour ne pas me faire tuer.»

L'Agent 99 (Anne Hathaway)

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Anne Hathaway
Davantage versée dans la comédie sentimentale, Anne Hathaway passe vite à l’action en incarnant le redoutable agent 99, une tigresse montée sur des talons aiguilles. «La plus grande déception de 99, c’est de devoir faire équipe avec l’agent 86, une recrue qui lui confirme en moins de cinq minutes les pires craintes qu’elle entretient à son sujet.»

L’actrice de 25 ans affiche toute sa féminité dans ce rôle exigeant d’elle rien de moins que de mettre KO le puissant syndicat du crime connu sous le nom de KAOS, qui entend prendre le contrôle du monde entier.

Autre défi pour 99: échapper aux maladresses de son partenaire, l’agent 86, qui trébuche plus souvent qu’à son tour.

«Je suis dans l’action du début à la fin, j’avais à exécuter des cascades assez dangereuses et j’ai adoré l’expérience», de dire l’actrice qui se fait remarquer dans une robe moulante et chaussée de talons aiguilles. «Ça n’a pas été trop difficile de courir avec ces chaussures parce que j’en avais portées pendant des mois lors du tournage de Le Diable s’habille en Prada

De son personnage, Hathaway dit qu’elle «est une femme intimidante et combative qui ne recule devant rien.»

L'agent 23 (Dwayne Johnson)

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Dwayne «The Rock» Johnson
Ce n’est pas une coursepoursuite à 100 km/h accroché à la portière d’un véhicule et d’un train qui a le plus effrayé l’acteur Dwayne Johnson, ex-joueur de football et étoile de la lutte connu sous le nom de The Rock. «J’ai été plus intimidé par mon rôle d’agent secret. Je pensais à James Bond et j’avais la trouille, je manquais de confiance en moi.»

Qu’a-t-il fait pour surmonter son trac? «Je me suis collé au réalisateur et j’ai suivi ses directives. Et tout s’est bien passé.»

Quant aux cascades que le colosse a réalisées, il dit simplement avoir écouté les coordonnateurs des stunts et bien fixé les harnais de sécurité qui l’empêchaient de rouler sous le convoi.

«Je suis tout de même réaliste et je ne livre pas une prestation qui me vaudra un Oscar, mais j’ai donné tout ce que j’avais.»

Après une carrière de dix ans au football professionnel, Johnson est monté dans l’arène et a «tapoché» ses adversaires pendant cinq ans avant de se tourner vers le cinéma en 2000. «Je n’ai pas suivi de cours d’art dramatique, mais avec la lutte, j’étais en spectacle quatre heures par semaine à la télévision, et il n’y a pas meilleur théâtre pour s’initier à la comédie.»

Siegfried (Terence Stamp)

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Terence Stamp
Stoïque et avec cette sévérité du regard qui le caractérise depuis toujours, l’acteur britannique Terence Stamp était l’homme idéal pour défendre le rôle du vilain Siegfried, le malfrat à la tête du syndicat du crime KAOS qui tente de prendre le contrôle de la planète.

Mais on devine un gamin derrière cet air austère, quelqu’un qui aime s’amuser. «Je suis toujours étonné qu’on pense à moi, les rares fois du moins, pour me proposer un rôle dans une comédie et, à vrai dire, ça me flatte parce que je suis un acteur stéréotypé par mes personnages sérieux.»

La comédie Max la menace lui a fourni l’opportunité de verser dans l’humour. «J’ai eu énormément de plaisir à jouer ce Siegfried mégalomane même si je crois avoir fait un fou de moi.»

Il rappelle un autre moment de sa vie où il a été invité à incarner un personnage à des années-lumière de sa palette de jeu habituelle. «Ça faisait une dizaine d’années que je n’avais pas travaillé quand on m’a donné le rôle du colonel Zod dans Superman et Superman II, et ce personnage a vraiment marqué l’auditoire parce qu’aujourd’hui encore, on me reconnaît dans la rue et on me dit bonjour colonel Zod.»

LE CHEF (Alan Arkin)

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Alan Arkin
Élu meilleur acteur dans un second rôle en 2007 pour son jeu dans Little Miss Sunshine, l’acteur Alan Arkin renoue avec ses premières amours, la comédie.

Grand maître de l’improvisation, un art qu’il cultive depuis ses années sur les planches de la troupe Second City, Arkin a pu improviser à son goût dans Max la menace.

«Le scénario se prêtait bien à l’improvisation, et le réalisateur Peter Segal nous a tous encouragés à prendre cette liberté d’agir.»

Il avait doublement le champ libre avec son personnage du Chef, la tête dirigeante de l’agence secrète CONTROL et patron du brillant analyste Maxwell Smart. «J’ai presque une relation père-fils avec Max et je le protège contre lui-même. C’est la raison pour laquelle je n’avais jamais voulu le nommer agent et l’envoyer en commando. Il est tellement gauche…»

Quand on lui demande s’il a visionné les anciens épisodes de la télésérie Get Smart, Arkin répond du tac au tac: «J’avais pris la décision il y a 30 ans… et je n’ai jamais regardé un seul épisode.»

On peut en douter.

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