TOURNAGESLe maire Tremblay s'en va à HollywoodDavid Patry Le Journal de Montréal 04-06-2008 | 09h04
«La maire s'en va en Californie pour participer au plus important congrès mondial en biotechnologies. Il va en profiter pour rencontrer des gens de l'industrie du cinéma», nous a confirmé l'attachée de presse du maire de Montréal, Renée Sauriol. Un voyage qui arrive à point pour l'industrie montréalaise, qui n'a toujours pas de lucratif tournage américain confirmé pour l'été. Une situation qui ne serait pas étrangère au fait que le contrat des acteurs avec les producteurs américains vient à échéance à la fin du mois. Les producteurs ne souhaitant pas entamer des tournages qui pourraient être paralysés par une grève. La hausse du dollar canadien par rapport à la devise américaine fait également mal à l'industrie, de même que le conflit des techniciens de cinéma, qui doit bientôt être réglé par une loi déposée à l'Assemblée nationale. L'année dernière, les tournages américains ont rapporté quelque 200 M$ en retombées économiques dans la métropole. L'absence des Américains cet été fait donc mal. À Hollywood, Gérald Tremblay accompagnera le commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), Hans Fraikin, son homologue du bureau de Montréal (BCTM), Daniel Bissonnette, un représentant de la Société générale de financement (SGF), qui investit dans le cinéma, et le copropriétaire de la Cité du Cinéma, Michel Trudel. À la mairie, on refuse toutefois de parler d'une opération de sauvetage. «Ce n'est pas une opération de sauvetage, insiste René Sauriol. C'est un geste d'appui à l'industrie, comme la présence du maire au comité sénatorial sur le projet de loi C-10 (il doit s'exprimer jeudi à Ottawa).» Une présence de taille Quel poids peut avoir le maire de Montréal dans la balance hollywoodienne? «Énorme», répond le commissaire Hans Fraikin. «Ça envoie un signal fort aux comités de production lorsqu'on dit que Montréal est film friendly. C'est pas juste des paroles en l'air. Le fait que le maire se déplace, ça vaut son pesant d'or», dit-il. «Le maire Bloomberg (à New York) s'est déplacé quelques fois et ça a eu un effet bénéfique sur l'image de la ville auprès des producteurs étrangers.» Et la volonté politique se traduirait dans la machine administrative municipale et dans la population. La Ville de Montréal, ses habitants et ses commerçants se montrent plus ouverts à la présence des plateaux de tournage dans les rues que par le passé. «C'est une chose qui s'est beaucoup améliorée depuis 10 ans, affirme Daniel Bissonnette, du BCTM. Avant, c'était difficile de tourner dans le Vieux-Montréal, par exemple. Maintenant, il y a des règles strictes, mais lorsqu'elles sont suivies, elles fonctionnent bien.» L'an dernier, pas moins de 6000 permis de tournage ont été accordés par la Ville, pour seulement 12 plaintes de citoyens. Pas suffisant Le copropriétaire de la Cité du Cinéma, Michel Trudel, estime de son côté que la présence du maire à Hollywood n'est pas suffisante. «Ça prend plus que le maire, ça prend des incitatifs fiscaux favorables pour attirer les clients», lance l'homme d'affaires, qui aurait déjà cogné à la porte de Québec à ce sujet. |