DOUBLAGEPas mieux qu'un travail d'école secondaire?David Patry Journal de Montréal 01-05-2008 | 09h06
Roy Heenan s'est basé sur des avis juridiques datant de 1996 afin de tirer la conclusion qu'une loi sur le doublage ne résisterait pas à une contestation devant les tribunaux. Le rejet de l'option de légiférer ne relèverait «donc pas d'une question de courage politique», conclut-il. Or, en 12 ans, la donne à l'international a bien changé. En 2005, l'Unesco a adopté la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. «Son but est de protéger le pouvoir des États pour qu'ils puissent établir leurs propres politiques culturelles, adaptées à leur réalité», indique la coprésidente de la Coalition pour la diversité culturelle, Solange Drouin. Roy Heenan n'en glisse pas mot dans son rapport d'une quinzaine de pages. Pourtant, le Québec a été la première législature à adopter la convention. Et le Canada a été le premier pays à la ratifier. «L'impression que ça donne, c'est que ce gars-là n'a jamais entendu parler de la diversité culturelle», souligne le critique du PQ, Pierre Curzi, qui a lui-même assumé la présidence de la Coalition de la diversité culturelle. Certains n'ont pas hésité à qualifier le rapport de M. Heenan, qui a été payé 250 $ de l'heure jusqu'à concurrence de 75 000 $ pour le rédiger, de «travail d'école secondaire». |