MONTRÉALSilence, on tourne... pas beaucoupMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 21-04-2008 | 08h35
Adrian Knight, du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), revient d'une semaine chargée à Hollywood. Il a enchaîné des dizaines de rendez-vous avec des producteurs et des studios, dont DreamWorks, dans l'espoir de leur vendre le Québec comme lieu de tournage. L'économie ne joue pas en faveur de Montréal et la grève des acteurs de Hollywood qui menace à l'horizon n'annonce rien de bon. À l'heure actuelle, aucun projet de long métrage n'est signé. C'est le contraste total avec l'été 2007, où les tournages américains avaient totalisé près de 300 M$ en retombées économiques pour la métropole. Malgré la perte du film 2012, une production de 200 M$ qui vient d'échapper à Montréal au profit de Vancouver, le BCTQ ne baisse pas les bras. «question de logistique, on ne pouvait pas recréer les Rocheuses», souligne Adrian Knight. Plusieurs équipes de production visitent la métropole ces jours-ci. Elles devraient faire leur choix sous peu. Ambiance incertaine À deux heures et demie d'avion de Los Angeles, Vancouver attire environ 80 % des productions américaines. C'est le cas de A Night at the Museum 2, avec Ben Stiller, tourné cet été. Vancouver vient d'avoir la visite de Jennifer Aniston et Robin Williams et la série Men in Trees y est tournée en ce moment. «Malgré tout, c'est plus lent que d'habitude, souligne Pete Mitchell, chef opérateur de Vancouver Studios. C'est partout pareil, on attend que la nouvelle convention collective des acteurs de Hollywood se règle.» La menace vient aussi des États de plus en plus nombreux qui offrent des crédits d'impôts sur le budget total du film et non seulement sur la main-d'oeuvre. C'est le cas du Michigan, qui propose 42 %. L'Arizona propose des crédits d'impôts de 30 %. Le Hollywood Reporter réservait d'ailleurs un reportage sur cette nouvelle Mecque des tournages dans son dernier numéro. Crédits d'impôts Le Québec propose 25 %. «C'est une industrie qui est volatile et incertaine. C'est sûr qu'il y a une inquiétude, mais on a toujours notre place dans le palmarès des lieux choisis par les producteurs étrangers», croit Adrian Knight. Ce dernier était présent au Locations Trade Show la semaine dernière, où le Québec avait un kiosque. «Il y avait beaucoup d'achalandage et on a senti encore plus d'intérêt pour le Québec cette année. Montréal attire par sa main-d'oeuvre très spécialisée et ses infrastructures. On est dans la short list des producteurs», croit Adrian Knight. |