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La ligne brisée - Attiré par le métier d'entraîneur
Photo Le Journal
Germain Houde monte dans le ring pour coacher David Boutin dans La Ligne brisée.

LA LIGNE BRISÉE

Attiré par le métier d'entraîneur

par Bruno Lapointe
Journal de Montréal
24-02-2008 | 05h00
De son propre aveu, Germain Houde n’a jamais été un sportif. Avant de tourner La Ligne brisée, le comédien n’avait même jamais même mis les pieds dans un ring de boxe. Mais c’est justement ce qui a représenté pour lui l’attrait de ce personnage d’entraîneur.

«Ça me fascine toujours d’aborder un personnage par son métier. Je suis un acteur de méthode; je me dis que les deux choses qui donnent la couleur à un personnage sont sa personnalité et sa profession», explique Germain Houde.

En s’immergeant dans le monde professionnel de son personnage, le comédien peut ainsi le rendre plus crédible, plus juste aux yeux de son public. Il s’approprie les tics, les plis du métier, éléments qui sont la plupart du temps les plus accessibles pour les spectateurs.

LES RUDIMENTS DE LA BOXE

Pour ce faire, Germain Houde a donc appris les rudiments de la boxe afin de camper un entraîneur convaincant au générique de La Ligne brisée. Dans le film, il incarne celui qui aide le personnage de Guillaume Lemay-Thivierge, puis celui de David Boutin, à s’élever au sommet de leur forme physique en vue de combats importants.

Cette participation au film a été instiguée par le réalisateur Louis Choquette qui a lui-même approché Germain Houde pour lui confier le rôle dans son long métrage.

«On avait déjà travaillé ensemble dans L’Amour avec un grand A, Tabou et Temps dur. C’est toujours beaucoup plus simple de travailler avec quelqu’un qu’on connaît déjà, on se comprend à mi-mots et ça nous permet d’avancer plus rapidement», témoigne le comédien.

Le mandat que lui confiait Louis Choquette était toutefois bien plus complexe que simplement enfiler des gants et aider ses boxeurs à envoyer leur adversaire au plancher.

«Je représente en quelque sorte la présence paternelle qui manque à leurs vies. Les personnages de Guillaume Lemay- Thivierge et David Boutin n’ont pas réellement de contact familial dans le film et c’est avec moi qu’ils compensent», explique-t-il.

Donc, avant même de lire le scénario, Germain Houde était tenté d’être de la partie. C’est donc avec plaisir qu’il s’est plié à l’entraînement au cours duquel il a dû apprendre certaines routines propres au monde de la boxe.

«Je me suis vraiment senti comme dans un cours de danse. Il fallait que les chorégraphies soient à la fois précises et naturelles. J’y ai vraiment pris goût», se rappelle-t-il.

RETROUVER L’ESSENCE DU MÉTIER

Germain Houde célébrera en mai prochain 33 ans de carrière. Pour l’occasion, il remontera sur les planches de la compagnie Jean Duceppe pour la pièce Equus. C’est d’ailleurs au théâtre que la passion du comédien prend tout son sens.

«Avec les années, le cinéma et la télé ont pris le dessus. Mais je sens que le théâtre nous ramène à l’essence de notre métier. Se retrouver devant un public chaque soir demande une grande discipline, mais c’est également un grand bonheur», confie Germain Houde.

Le judo avant la boxe

Fanny Mallette avoue regarder le hockey à la télévision, mais dès que les gants sont jetés et que les poings s’élèvent, elle décroche et son intérêt s’envole comme poudre au vent. La boxe, on le devine, n’est pas vraiment sa tasse de thé. Pourtant, son nom se retrouve au générique de La Ligne brisée.

photo Yvan Tremblay
Fanny Mallette s’est initiée au monde de la boxe en participant au film.
«C’est un univers qui me rebute de prime abord. Mais de la manière dont le tournage s’est déroulé, je n’ai même pas eu conscience qu’il s’agissait réellement d’un film de boxe, on ne fait qu’effleurer le sujet durant mes scènes», explique la comédienne, qui n’a pas eu à enfiler les gants ou à se glisser dans le ring.

Dans le film, Fanny Mallette prête ses traits au personnage de Cécile, une physiothérapeute sportive qui, à soigner un boxeur, développera des sentiments et une relation bien complexes avec le personnage de David Boutin.

LES SPORTS DE COMBAT

Elle n’est à prime abord pas très attirée par le monde de la boxe, mais il fut un temps dans la vie de Fanny Mallette où le sport de combat était une seconde nature pour elle. Jusqu’à l’âge de 14 ans, la comédienne se dévouait à une passion: le judo.

«J’ai pratiquement fait mes premiers pas sur un tatami. Je m’entraînais très sérieusement, j’ai même fait le championnat canadien. Mais je n’étais pas prête à en faire ma vie. Je voulais que ça demeure pour moi une activité qui me procure du plaisir et toute cette discipline draconienne n’était pas pour moi», explique-t-elle.

C’est ainsi que la jeune Fanny Mallette a demandé à ses parents des cours de théâtre pour son quinzième anniversaire. D’abord incertaine qu’elle y trouverait son compte, elle s’est bien vite découvert une passion puissante pour la scène. D’ailleurs, lorsqu’il est question de son métier, la comédienne s’anime, gesticule énergiquement et un sourire indélogeable illumine son visage.

«Dès que je suis entrée dans un théâtre, j’ai su que c’était pour moi. J’ai tout de suite aimé tout, les odeurs, la scène, les exercices de diction, les loges…», soupire-t-elle.

RÉCOMPENSES

Et cette passion lui est bien rendue. Déjà lauréate dans le passé d’un prix Gémeaux et d’un Jutra, elle se retrouvera en lice pour un prix Génie le 3 mars prochain pour son rôle dans Continental, un film sans fusil.

Excitée mais pas nerveuse, la comédienne voit ces récompenses comme étant bien flatteuses, mais à l’impact discutable sur la carrière.

«Personne ne va me dire qu’il nous engage parce qu’on a remporté un prix. C’est plutôt une reconnaissance bienvenue dans bien des cas. Quand j’ai reçu le Jutra pour Cheech, j’étais vraiment très contente. Le film a été mal reçu, alors c’est comme si on me disait que le résultat en tant que tel n’était peut-être pas parfait, mais que ma participation avait été appréciée», confie Fanny Mallette.

La Ligne brisée prend l’affiche le 7 mars.

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