DOUBLAGEShrek parlera encore vachement françaisCaroline Roy Le Journal de Montréal 06-02-2008 | 12h52
On sait que les majors américains préfèrent doubler une partie de leurs films en France, où le public francophone est plus nombreux. Et c'est là toute la difficulté de convaincre les Américains de l'importance de doubler aussi les films au Québec. La ministre Christine Saint-Pierre se dit toutefois «encouragée» par les discussions menées par son mandataire, Me Roy L. Heenan. L'avocat a été envoyé à plusieurs reprises à Los Angeles depuis le mois de juin pour régler le dossier. «Nous ne sommes pas rendus à une entente, mais les échos que je reçois indiquent que les négociations progressent bien», a dit Christine Saint-Pierre, hier, dans un entretien avec Le Journal de Montréal. «Il faut dire aux Américains que le marché québécois aime entendre l'accent et les expressions d'ici», ajoute-t-elle. Me Roy L. Heenan devait négocier deux dossiers à Hollywood pour le compte du ministère de la Culture. S'il discute toujours pour le doublage, il a toutefois renouvelé l'entente avec la Motion Picture Association of America sur la distribution des films au Québec. Selon cette entente, les studios américains s'engagent offrir une version française de leurs films s'ils restent à l'affiche plus de 45 jours. C'est long, selon l'UDA Parce que son contrat n'est pas encore terminé, le ministère de la Culture a refusé de dévoiler combien coûtait l'envoi ponctuel de Me Roy L. Heenan en Californie pour négocier les deux dossiers depuis juin. «L'investissement porte fruit jusqu'à maintenant», soutient Mme Saint-Pierre. Le ministère de la Culture veut négocier plutôt que de légiférer dans le dossier du doublage des films américains au Québec. Contrairement à l'opposition adéquiste, qui a proposé un projet de loi pour que tous les films soient doublés au Québec. Une loi qu'appuie l'Union des artistes (UDA) au lieu des négociations menées par le ministère. «Pour nous, la dernière bonne nouvelle dans le dossier du doublage remonte à décembre, quand le projet de loi de l'ADQ est passé en 2e lecture», dit Raymond Legault, président de l'UDA. «Ce projet de loi est beaucoup plus tangible que des négos dont on n'entend pas parler depuis six mois. Disons que ça prend du temps avant de connaître le bébé», ajoute-t-il. |