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10E SOIRÉE DES JUTRA

Hommage à Jean-Claude Labrecque

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
09-01-2008 | 12h59
Après Gilles Carle, Rock Demers, Denise Filiatrault et Pierre Curzi, ce sera cette année au tour du cinéaste Jean-Claude Labrecque de recevoir le prix Jutra-Hommage, lors de la 10e soirée des Jutra, qui aura lieu le 9 mars.

L'annonce en a été faite hier midi, en présence de la nouvelle présidente du conseil d'administration des Jutra, Danielle Proulx (qui succède à Michel Côté).

«Le nom de Jean-Claude [a été choisi] à l'unanimité en raison de son impressionnante carrière et aussi parce que c'est un homme de coeur; ce qui ressort le plus de son oeuvre, c'est son humanité», a témoigné Danielle Proulx.

Fait à noter: Labrecque, 69 ans, a lui-même présidé le C.A. des Jutra, de 2001 à 2004. Il a également été président de la Cinémathèque québécoise et des Rendez-vous du cinéma québécois.

«Jean-Claude est une mémoire vivante du cinéma québécois, observait d'ailleurs hier le délégué général de la Grande Nuit du cinéma, Henry Welsh. Il n'y a pas de film québécois sur lequel il n'a pas d'anecdote à raconter. Il a une mémoire incroyable.»

Prix de la continuité

«Une mémoire de kodak!» lance en souriant le cinéaste, en ajoutant que cet hommage était pour lui «un prix de la continuité et non un prix de fin de carrière».

«J'ai deux films qui seront terminés cette année (Infiniment Québec, un hommage à la ville de Québec qui sortira au printemps dans le cadre des festivités du 400e de la Vieille Capitale, et Félix Leclerc, pieds nus dans l'aube, un documentaire sur le célèbre poète et chansonnier) et j'ai plusieurs autres idées de films, alors je suis loin d'avoir dit mon dernier mot», dit-il.

La filmographie de Labrecque est tout aussi impressionnante que sa mémoire.

Filmer l'histoire du Québec

Parcourir sa cinématographie, c'est parcourir l'histoire du Québec des 40 dernières années: de La Visite du général de Gaulle (en 1967) à la campagne électorale et la défaite de Bernard Landry (À hauteur d'homme, en 2003) en passant par les Jeux olympiques de 1976 (Jeux de la XXIe Olympiade), la Nuit de la poésie (La Nuit de la poésie, 27 mars 1970), la mort de la poétesse Marie Uguay et la rencontre entre Claude Léveillée et Édith Piaf (76 bis, boulevard Lannes).

" J'ai toujours été intéressé par les événements, explique Labrecque. La Nuit de la poésie, par exemple, est un film qu'on a tourné dans une mentalité d'archiviste afin d'immortaliser ce moment d'anthologie. "

Trop aimer le documentaire

S'il se consacre depuis dix ans exclusivement au documentaire et à son autre métier de directeur photo (il l'a été pour Claude Jutra, Gilles Carles et Bernard Émond, entre autres), Jean-Claude Labrecque n'a pas fait une croix sur la fiction.

" Un film de fiction, il m'en reste un à faire mais pour ça, il faut que j'arrête de faire du documentaire, souligne-t-il. L'ennui, c'est que j'aime trop le documentaire. C'est tellement extraordinaire de faire un documentaire... "

mdemers@journalmtl.com

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"JEAN-CLAUDE EST UNE MÉMOIRE VIVANTE DU CINÉMA QUÉBÉCOIS " HENRY WELSH

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