BOX-OFFICEUn long congé équitable et profitableDavid Patry Le Journal de Montréal 08-01-2008 | 11h29
Avec la neige qui est tombée en abondance sur le Québec durant la période des fêtes, les cinémas craignaient que leur clientèle ne leur préfère les activités hivernales. Mais il n'en fut rien. «C'est un bon Noël, on est contents. On s'attendait à pire!» lance le président de l'Association des propriétaires de cinémas et de ciné-parcs du Québec, Marcel Venne. «Cette année, il n'y a pas eu de gros canons comme on en a déjà eu, mais le box-office a été mieux réparti entre plusieurs films», ajoute l'observateur des recettes aux guichets, Simon Beaudry, de Cinéac. Ainsi, quatre films sortis en décembre 2007 ont récolté plus de 2 M$ durant la période des fêtes. Will Smith etJe suis une légende remportent la palme avec 2 857 417 $ aux guichets québécois. En 2006, un seul film avait atteint ce montant, il s'agit de Une nuit au musée, avec 2 329 735 $. D'autres blockbusters, mais sortis en novembre, avaient tenu le plancher. Il s'agit de Casino Royale et des Petits Pieds du bonheur. L'offre était également plus grande cette année. Pas moins de 18 films ont pris l'affiche en décembre, dont deux films québécois. «D'habitude, on voit entre 12 et 14 sorties», indique Simon Beaudry, de Cinéac. «Il y en avait un peu pour tout le monde. Pour nous c'est important, parce que c'est une sortie familiale, le cinéma», explique le président de l'Association des propriétaires, Marcel Venne. Les Québécois s'en tirent bien Et les films québécois se sont bien tirés d'affaire cette année malgré l'ampleur de l'offre. L'Âge des ténèbres se classe en cinquième place dans la période des fêtes, parmi les films sortis en décembre, avec des recettes de 1 286 562 $. «C'est quand même très bien, analyse Simon Beaudry. Le film a été lancé dans une période très compétitive, sans compter toute la presse négative, la saga qui le suit depuis la présortie à Cannes.» D'ailleurs, le distributeur Alliance Vivafilm ne regrette pas son choix d'avoir repoussé la sortie du dernier de Denys Arcand. «À partir du moment où on ne pouvait pas sortir en mai parce que le film n'était pas prêt, l'autre meilleur moment était le mois de décembre. Et le film a très bien passé la période des fêtes, donc ça va bien», affirme la porte-parole Annie Tremblay. Quant au documentaire de Jean Lemire, l'autre film québécois à avoir pris l'affiche en décembre, il a surpris tout le monde en récoltant jusqu'à présent 619 942 $. «On pensait être capables de faire 500 000 $ en tout, mais on a dépassé ce chiffre en deux semaines», se félicite le distributeur David Reckziegel, des Films Séville. «Ça en fait le numéro deux dans les documentaires québécois (après Les Voleurs d'enfance, de Paul Arcand). Si la vague continue, on espère être capables d'aller cherche le million de dollars», conclut M. Reckziegel, D'ailleurs, le nombre d'écrans où est présenté Le Dernier Continent ne cesse d'augmenter. Fixé au départ à 25, il passera à 42 alors que cinq nouvelles copies entrent en service cette semaine au Québec. |