Une valise remplie de tournages

DreamWorks - Une valise remplie de tournages

 

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 12-12-2007 | 13h06

Jay Baruchel. Retenez ce nom. À 25 ans, il a été choisi comme tête d'affiche de la prochaine comédie de DreamWorks et de la plus coûteuse production de l'histoire de Warner. Pas mal pour un petit gars de Notre-Dame-de-Grâce...

Au moment où vous lisez ces lignes, Jay Baruchel vient d'atterrir en Australie pour deux semaines de répétition.

Il a été choisi par Warner pour jouer dans son prochain film d'action fantastique, prévu pour 2010. Le projet le plus coûteux jamais produit par les studios de Burbank, pour l'instant tenu secret.

Nos routes se sont croisées à Beverly Hills la semaine dernière. Un pur hasard. C'est son t-shirt «I love Canada» et sa casquette «NDG» qui ont attiré mon attention.

Vous l'avez peut-être déjà vu dans la comédie Knocked Up et dans Million Dollar Baby, où il jouait le jeune boxeur attardé. Clint Eastwood l'avait d'ailleurs remercié sur la scène du Kodak Theatre en allant chercher son Oscar.

Jay revient tout juste d'Hawaï après quatre mois de tournage pour le film Tropic Thunder (juillet 2008), nouvelle comédie de guerre de DreamWorks. Un film avec deux fois plus de cascadeurs que dansIndiana Jones 4...

Il y tient la vedette aux côtés de Ben Stiller, Jack Black, Nick Nolte, Tom Cruise, Tobey Maguire, Katie Holmes, Matthew McConaughey et plusieurs autres.

«J'ai rencontré Ben Stiller dans le corridor à l'audition, c'est lui-même qui m'a offert le rôle!» raconte Jay en français.

Il tiendra aussi la vedette de She's out of My League, prochaine comédie romantique de DreamWorks. La fille n'a pas encore été choisie. Lui a jeté son dévolu sur Natalie Portman...

Montréal

Mais comment un petit gars de NDG issu d'une famille modeste s'est-il retrouvé à Los Angeles aussi facilement?

Hollywood est une ville qui ne fait pas de cadeaux. La compétition est féroce.

Jay Baruchel est né à Ottawa et a grandi dans le quartier NDG. «C'était très loud chez moi!» dit-il en rigolant.

Son père, un juif séfarade italien, et sa mère, une Irlandaise catholique de Saint- Jérôme, le traînaient chez les antiquaires le week-end. Lui préférait regarder des films. À neuf ans, il devient un movie nerd après avoir vu Ferris Bueller's Day Off (1986).

Son père l'inscrit finalement à des cours de théâtre le week-end. Il sort du lot et on le met alors en contact avec un agent.

À 12 ans, il joue dans l'émission Fais-moi peur. À 17 ans, après une année de vaches maigres, il obtient le rôle d'un fan de Led Zeppelin dans le film Almost Famous, de Cameron Crow. Son premier film américain.

Il revient à Montréal sans plan précis. En 2001, il reçoit un appel de Hollywood pour être la vedette d'une nouvelle série, Undeclared, écrite par Judd Appatow (le nouveau gourou de l'humour à Hollywood).

Depuis, il fait les allers-retours entre Montréal et Los Angeles. Son agenda est rempli de tournages jusqu'en 2009. Et après? «Après je vais dormir pendant un an et écouter RDS!

Il veut faire de Montréal sa muse

Il pourrait déménager à Los Angeles, vivre la grosse vie, profiter du jet-set et des starlettes, mais Jay Baruchel tient mordicus à vivre à Montréal. De quoi rendre fous ses agents.

C'est d'ailleurs très drôle de le voir fouler les tapis rouges hollywoodiens avec son écusson du Canadien collé au veston. Rarement aura-t-on vu un Montréalais aussi patriotique que lui...

Son quartier, c'est le «ghetto» de NDG, près du métro Vendôme. Il ne l'échangerait pour rien au monde, pas même contre une villa de Beverly Hills et ses haies taillées aux ciseaux.

Un peu comme Woody Allen a fait avec New York, Jay Baruchel, qui veut avant tout devenir réalisateur, aimerait faire de Montréal sa muse.

Il écrit déjà des scénarios. Il a d'ailleurs rencontré son idole, Brian De Palma (Scarface, Mission: Impossible) récemment lors d'un vol Montréal-Los Angeles.

Six heures à ses côtés. «Je ne suis pas facilement impressionnable, mais là, il fallait me pincer, raconte-t-il. Il était supercool, je lui ai parlé de mes projets.»

Jay Baruchel en a fait, du chemin, depuis l'école secondaire, un passage plutôt difficile vu sa différence. «C'était l'enfer d'être à l'école et de passer à la télé en même temps. Même prendre le métro, c'était l'enfer», raconte-t-il.

Il a étudié «aux deux pires écoles secondaires de Côte-Saint-Luc et Westmount». Drogues, bagarres et policiers qui débarquent étaient monnaie courante. Il a aussi fréquenté l'école FACE, rue University, avant de faire une session au Collège Dawson.

Candeur et simplicité

Est-ce que sa vie a changé depuis? «Oui et non, les choses deviennent plus faciles et plus difficiles en même temps», dit-il. Parmi les bons côtés, il y a celui de pouvoir gâter sa mère et ses amis.

Dans cinq ans, il se voit déjà marié, avec quelques kilos en plus il espère, réalisateur de films et auteur de comic books.

Après un entretien aussi sympathique, on ne peut s'empêcher de lui demander d'où lui viennent cette candeur et cette simplicité. «C'est ma mère qui m'a élevé comme ça. Elle m'a toujours dit de choisir un métier que je ferais même gratuitement.»


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