LE CAS ROBERGEDu Web au grand écranPascale Lévesque Le Journal de Montréal 10-12-2007 | 11h46
Go Films et la productrice Nicole Robert annonçaient la semaine dernière la réalisation du Cas Roberge en long métrage au coût de 1,2 million de dollars. Une excellente nouvelle pour Benoît, Jean-Michel et Stéphane, qui avaient déjà, il y a plus de deux ans, proposé leur premier scénario de film avec le même sujet. Faute d'occasion pour faire vivre leur idée au grand écran, les gars ont persévéré en lui donnant une deuxième vie dans Internet. Et en août prochain, moment prévu de la sortie du film, ce sera la première fois au Québec qu'un projet Web deviendra film. C'est quoi, ce Cas? Mais c'est quoi, au juste, Le Cas Roberge? Si vous n'êtes pas parmi les quelque 10 000 personnes qui cliquent chaque semaine sur le nouveau clip des trois amis, normal que vous soyez dans le néant total. Avant de poursuivre, un petit tour sur lecasroberge.com s'impose. Sélectionnez les clips Backup, Grainage, Almost Twins et Trop beau pour être vrai pour vous en faire une bonne idée. Impossible autrement de bien saisir l'univers du personnage, franchement indescriptible sur papier. On comprend mieux pourquoi les capsules Internet ont aidé la productrice Nicole Robert à concrétiser le projet de long métrage. Même si le principal intéressé, Benoît Roberge, le décrit assez clairement: «C'est un tourmenté qui vit des angoisses existentielles au quotidien», dit-il. Le «Cas», comme l'indique son comparse Jean-Michel Dufaux, est fort probablement né alors que tous les deux réalisaient une émission de voyage pour Canal Évasion. «Europe Express et Soleil Express. Je pense que c'est là que se trouve la genèse de Roberge. On a tellement eu un succès underground avec cette série-là... où on s'attardait plus à la qualité de la bière des pubs visités qu'aux attraits touristiques habituels. La quête amoureuse de Benoît et son côté chialeux dans les visites touristiques étaient déjà présents», raconte Jean-Michel. Aujourd'hui, l'essence du Cas Roberge se trouve dans la dynamique des trois amis. Stéphane E. Roy s'est greffé au projet; il a connu Benoît aux Auteurs du dimanche. Il faut les voir assis à la même table avec la productrice et le réalisateur Raphaël Malo pour saisir à quel point ce long métrage sera unique en soi. On s'en voudrait aussi d'oublier Sébastien Benoit, sans qui la quête de Roberge n'aurait aucun sens. Et c'est là l'essence du long métrage, où Roberge poursuivra sa quête de l'inaccessible étoile. «Le succès rapide, instantané et sans efforts. Il ira jusqu'en Abitibi pour poursuivre sa quête. Tous ses amis auront leur avis et leurs conseils pour l'aider dans sa démarche. Et contrairement à Titanic, ils vont tous survivre!» lance à la blague Jean-Michel Dufaux. Critique du milieu Sur un ton un peu plus sérieux, mais aussi dans une forme de questionnement, Benoît Roberge précise que le long métrage est du même coup une sorte de critique du showbiz. «Tous les personnages sont dans le milieu, ils sont des petites vedettes», ajoute Nicole Robert. «Cela dit, ce n'est pas un regard prétentieux ni discriminatoire. On fait partie de ce monde», dit pur sa part Jean-Michel Dufaux, avant que Stéphane enchaîne: «On l'assume.» Les trois comparses nous rassurent, la production des capsules humoristiques du Cas Roberge se poursuivra dans Internet d'ici le début du tournage, à la mi-mars. Le site Web devra par contre rester tranquille durant la vingtaine de jours que durera le tournage... Avec un si petit budget et si peu de temps pour accomplir cette mission, Raphaël Malo, réalisateur, est mieux de s'atteler s'il veut terminer le tout sans être trop épuisé. |
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