CINÉMA QUÉBÉCOISMicheline Lanctôt en rajouteDavid Patry Le Journal de Montréal 20-11-2007 | 11h56
Rencontrée sur le plateau de tournage de Suzie, un long métrage qu'elle a scénarisé, qu'elle réalise, qu'elle coproduit et dans lequel elle tient un important rôle, Micheline Lanctôt ne se fait pas prier pour parler des conditions de travail de ces gens. Celle-ci refuse toutefois de montrer du doigt distributeurs et producteurs, comme l'a fait Patrick Huard. «Personne dans l'industrie ne peut dire qu'il jouit d'un statut aisé. C'est une industrie d'État financée par l'État», rappelle-t-elle. Si un distributeur peut faire de bons coups, il peut également se planter. «C'est normal que ceux qui courent le plus de risques se paient en premier», dit-elle. Ce qui ne l'empêche pas de rêver d'un avenir meilleur pour les réalisateurs. «La Loi sur le droit d'auteur au Canada ne reconnaît pas le statut d'auteur aux réalisateurs, ce qui fait qu'on ne peut pas participer à la vie économique d'une oeuvre. C'est une aberration», indique Micheline Lanctôt. «On s'est battus comme des diables dans l'eau bénite pour essayer de faire modifier la Loi sur le droit d'auteur. Ce n'est pas encore fait», déplore-t-elle. Vivre de son oeuvre Micheline Lanctôt ne cache pas qu'elle n'arrive pas à vivre de son métier de réalisatrice. «Les trois derniers films que j'ai faits, j'ai différé une partie de mon cachet, j'en ai investi une partie et j'ai laissé l'argent dans les films parce que j'en avais pas assez pour les faire», explique-t-elle. «Dieu merci, j'avais mon métier d'actrice qui me permettait de gagner ma vie», affirme celle qui enseigne le cinéma à Concordia. «Patrick a fait 160 000 $ pour la réalisation de son premier long métrage? Je le trouve bien chanceux! J'ai jamais fait ça, moi!» lance Micheline Lanctôt, qui rappelle que les blockbusters au cinéma québécois demeurent une rare exception. |