CINÉMA DU QUÉBEC À PARISLes Français retenus chez eux par la grève ?Manon Guilbert Le Journal de Montréal 19-11-2007 | 12h25
Paris a résonné vendredi de klaxons, de cris d'impatience en cette deuxième journée de grève des transports. Au Publicis Cinéma, sur les Champs-Élysées, on n'a pas eu trop de mal à calculer le nombre des cinéphiles audacieux qui ont bravé les embouteillages monstres paralysant les artères de Paris. Que 180 entrées Au total, pour toutes les projections de la journée, du début avec Rechercher Victor Pellerin suivi de Ma fille mon ange, Continental, un film sans fusil et La Brunante, le préposé a, après un bref coup d'oeil, donné le compte: 180 entrées, pour quatre différents films. Aussi a-t-il rajouté avec un sourire gêné: «Et ils étaient en grande majorité québécois!» De là à affirmer que les Parisiens boudent le cinéma québécois, la conclusion semble trop simple. Les ententes de distribution se font à un autre niveau, celui du marché. Les intérêts des distributeurs français ne seront connus qu'à la fin de ces sept jours consacrés à la production cinématographique québécoise. Un remake français des 3 P'tits Cochons? On le dit à mi-mots, mais rien n'est encore confirmé. Sabotage L'opération en est une de séduction et la grève sabote les atouts que la Sodec, Société de développement des entreprises culturelles, a mis en place de plus en plus solidement à chacun de ces événements depuis 11 ans. Les grandes affiches colorées sur les Champs-Élysées démontrent bien tous les efforts qu'on y met. Cette semaine consacrée au cinéma du Québec n'a rien d'un festival. Elle est une vitrine, comme l'affirmait encore hier Christian Verber, du comité organisationnel. Hier, on profitait de la projection de La Brunante, du réalisateur Fernand Dansereau, mettant en vedette Monique Mercure et Suzanne Clément, dont les images subliment les paysages québécois pour attirer les touristes français au Québec pour le 400e anniversaire de la Vieille Capitale. L'industrie du tourisme entend bien elle aussi profiter de cette fenêtre ouverte sur la plus grande avenue du monde pour attirer ne serait-ce qu'un week-end les Français, aux prises avec leurs bouleversements sociaux. |