ENTRE CIEL ET TERREMichel Côté dans la peau de Robert PichéMaxime Demers Le Journal de Montréal 07-11-2007 | 11h33
La première version du scénario du film, écrite par Yan Lauzon, sera déposée lundi à Téléfilm. Produit par Pixcom, le long métrage sera distribué par TVA Films. Canuel aimerait tourner l'an prochain, mais tout dépend s'il obtient le feu vert des institutions du premier coup, ce qui est assez rare. Entre ciel et terre devait au départ être une série télé. Inspiré de la biographie du commandant Piché, le scénario de la télésérie, écrit par Chantal Cadieux (Providence), a ensuite été transformé en téléfilm, puis en long métrage pour le grand écran (retravaillé par Yan Lauzon). C'est là qu'Érik Canuel (Bon Cop Bad Cop, Le Survenant, Nez rouge) a été invité à réaliser le tout. Le commandant Piché s'est toujours défendu d'être un héros. Érik Canuel le présentera-t-il en héros? «Probablement, mais tout héros a son côté sombre et ses faiblesses, répond Canuel, joint hier par le Journal. On veut dans le film montrer la complexité du héros. Personnellement, je vois le commandant Piché comme un genre de mercenaire. Et puis, c'est surtout le public et les médias qui ont fait de lui un héros.» Réputé pour son expertise en matière de film d'action (dans Bon Cop et Le Dernier Tunnel, entre autres), Érik Canuel indique que le long métrage se situera quelque part entre le drame et le film d'aventures «avec une touche d'humour». «Le commandant Piché a eu une vie assez mouvementée. Il a été contrebandier, il a fait de la prison aux États-Unis, il a fait son sauvetage en 2001, et en plus de tout cela, il y a eu toutes ses frasques romantiques... Ça fait beaucoup de matière pour notre film», précise le cinéaste. Rocambolesque Entre ciel et terre couvrira la vie de Robert Piché de sa mi-vingtaine à aujourd'hui. Son atterrissage héroïque aux Açores, le 24 août 2001, aux commandes d'un Airbus d'Air Transat, qui l'a rendu célèbre, sera bien entendu une des scènes importantes du film. «On est en train d'étudier les différentes façons possibles de tourner la scène du sauvetage, explique Canuel. On veut que ce soit rocambolesque et enlevé, bien sûr, mais la scène sera aussi abordée d'un point de vue psychologique. Ce qui nous intéresse le plus, c'est de comprendre ce qui fait que pendant le sauvetage, il s'est comporté comme aucun autre pilote ne se serait comporté à sa place.» Le réalisateur n'a pas encore eu l'occasion de discuter du film avec Robert Piché: «Mais je compte m'asseoir avec lui pendant plusieurs heures avant de tourner le film», assure Canuel. «C'est toujours délicat de raconter la vie au grand écran de quelqu'un qui a vraiment existé et en plus qui vit encore. Je l'ai fait avec Marcel Talon (Le Dernier Tunnel). Tu veux en faire le portrait le plus fidèle et juste possible, mais, en même temps, t'espères ne pas le décevoir.» Et Michel Côté dans le rôle du commandant Piché? Un choix logique, indique Canuel. «Quand on m'a proposé de réaliser le film, le premier flash que j'ai eu c'est de penser à Michel pour le rôle du commandant. Les producteurs m'ont répondu: C'est l'fun que tu parles de lui parce que c'est lui qu'on a approché», relate Canuel, qui a déjà dirigé Côté, dans Le Dernier Tunnel. Cadavres, prochain film d'Érik Canuel, qui met en vedette Patrick Huard, sortira l'été prochain. En compétition avec lui-mêmeLe film sur la vie du commandant Piché, un autre projet de long métrage avec Luc Picard, la réalisation de deux épisodes de la série américaine Dead Zone et un pilote pour Disney... Érik Canuel ne chôme pas par les temps qui courent. Ainsi, ce n'est pas un scénario seulement, mais bien deux que Canuel présentera lundi à Téléfilm. Le premier est Entre ciel et terre, film sur la vie du commandant Piché (voir autre texte). Le second? La Vie d'un extraterrestre, un drame écrit par Claude Veillet sur un jeune autiste. Luc Picard jouera le père de l'autiste en question. «Je suis tombé en amour avec cette histoire, raconte Canuel. Quand j'en ai terminé la lecture, j'étais assis dans un restaurant et je pleurais à chaudes larmes. C'est un scénario d'une très belle sensibilité et qui offre beaucoup de possibilités sur le plan graphique.» Canuel admet que ce drame intimiste ne ressemble en rien aux films qu'il a réalisés jusqu'à maintenant. «Mais aucun de mes films ne ressemble à l'autre, rappelle-t-il. À chaque nouveau projet, j'essaie d'aller totalement ailleurs que le précédent. Dans ce cas-ci, le sujet (l'autisme) m'a profondément ému. Je pense que je suis rendu là. J'ai envie de raconter d'autres histoires. J'ai déjà regardé des documentaires sur l'autisme et j'ai envie de m'investir à fond dans ce sujet.» Érik Canuel continue aussi de lorgner du côté de Hollywood. Il a un agent à Los Angeles depuis un an et il vient de réaliser deux épisodes de la série télé américaine The Dead Zone (avec Anthony Michael Hall) et Aaron Stone, une série pilote pour Disney. «Je parle à mon agent américain chaque semaine, indique Canuel. On m'avait approché récemment pour la réalisation d'un film américain qui aurait pu m'intéresser, mais c'est finalement tombé à l'eau. Mais je ne suis pas pressé, j'attends la bonne offre. Et puis, je ne manque pas de boulot...» |