FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMAÀ Temps 0, tout est permisMAXIME DEMERS Le Journal de Montréal 15-10-2007 | 12h57
Ces ovnis en question, ce sont les dix longs métrages sélectionnés dans la jeune section Temps 0 du Festival du nouveau cinéma (FNC), qui existe depuis maintenant quatre ans. À Temps 0, tout est permis. Le seul critère qui unit les films qui s'y retrouvent: ils doivent sortir des sentiers battus. Différent et surprenant «Il faut que ça surprenne, que ce soit totalement différent de ce qu'on a l'habitude de voir», explique Julien Fonfrède, le fondateur et programmateur de Temps 0. «Ce sont des films qui jouent avec les codes et les attentes du public. Ça peut être autant des comédies que des films sérieux, mais il faut qu'il y ait un effet de surprise. En gros, ce sont des enfants terribles du cinéma...» Les oeuvres sélectionnées à Temps 0 sont d'ailleurs aussi variées que singulières. On y retrouve par exemple cette année autant une comédie romantique sud-coréenne (I'm a Cyborg But That's Ok) qu'un thriller érotique thaïlandais (Ploy), un documentaire sur le cinéaste iconoclaste David Lynch (Lynch), un drame d'horreur mélo danois (Daisy Diamond) et un documentaire japonais sur des «monstres grotesques, hystériquement imbéciles mais surtout destructeurs» (Dainipponjin). Asiatique Vous l'aurez remarqué: la majorité des films de Temps 0 proviennent d'Asie. Pas surprenant dans la mesure où Julien Fonfrède est un ancien du Festival Fantasia, où il s'occupait même de la programmation des films asiatiques. «C'est en Asie qu'il y a le plus d'éclatement et de liberté artistique en ce moment, analyse Fonfrède. Le cinéma américain reste dans l'ensemble commercial et l'Europe continue de se spécialiser dans le cinéma d'auteur. En Occident, donc, tout doit entrer dans ces deux boîtes. Alors qu'en Asie, ils peuvent passer d'une boîte à l'autre. Et je crois que le futur du cinéma, c'est justement de sortir de ces boîtes et de jouer avec les genres et les codes.» L'objectif del'arrivée de Temps 0,il y a trois ans, était clair: rajeunir le FNC tout en lui apportant un peu plus de folie. «C'est sûr que la première année, il n'y avait pas tellement de monde, mais les gens du FNC étaient étonnés parce qu'ils voyaient des jeunes dans les salles», se souvient Julien Fonfrède. «Après trois ans, c'est un tout autre type de public. Il n'y a pas que des jeunes, il y a des gens qui veulent voir des trucs différents. Il y a deux ans, par exemple, quand on a organisé un spécial Bollywood, on pouvait voir dans les salles autant des ados que des dames de 80 ans...»" |