FESTIVAL DU FILM DE TORONTOKeira Knightley en vedette dans SoieMaxime Demers Le Journal de Montréal 12-09-2007 | 11h46
Souriante malgré qu'elle ait les traits tirés par la fatigue, l'actrice de 22 ans se lève de son fauteuil pour serrer la main du représentant du Journal de Montréal, un manège qu'elle répète des dizaines de fois depuis deux jours. Puis, elle se rassied avant d'esquisser un sourire en voyant un autre attaché de presse stressé lui adresser de grands signes pour savoir si elle désirait boire quelque chose. «J'aime mon métier, j'aime jouer dans des films, être sur un plateau de tournage, c'est ma passion... Mais cette partie- là du travail (la promotion), j'aime moins; je préfère tourner les films que les vendre», admet Keira Knightley, apparemment exténuée par sa longue journée d'entrevues. La longiligne (pour ne pas dire très maigre) actrice qu'on a vue dans Pirates des Caraïbes et Love Actually est de passage à Toronto cette semaine pour défendre deux films: Atonement, de Joe Wright (Pride and Prejudice), une grande fresque d'amour à la English Patient que plusieurs voient déjà aux Oscars. Mais aussi Soie, du Québécois François Girard (Le Violon rouge), adapté du célèbre roman d'Alessandro Baricco. En Italie et au Japon Dans Soie (Silk), qui a été tourné en anglais en Italie et au Japon, Keira Knightley incarne la femme du personnage principal (Michael Pitt), un marchand français envoyé au Japon, afin de trouver et ramener des oeufs de ver à soie en santé, où il s'éprendra d'une mystérieuse Japonaise. L'actrice raconte être tombée amoureuse du roman à succès de Baricco avant même de se faire proposer un rôle dans le film. «J'ai tellement aimé ce livre! Un ami me l'avait envoyé à l'époque que je travaillais sur le plateau de Pirates des Caraïbes avec une petite note sur laquelle c'était écrit: lis cela, tu vas adorer.» «Comme de fait, je l'ai dévoré. Ça m'a obsédée, j'ai dû le lire cinq fois d'affilée. C'est un livre écrit merveilleusement bien, chaque mot est parfait. C'est une poésie tellement simple, érotique, et envoûtante, ça m'a fait pleurer plusieurs fois.» Sensibilité Ce n'est par contre que plus tard qu'elle a appris qu'une adaptation pour le grand écran était en chantier «C'était il y a deux ou trois ans, en voyant le titre sur la pile de scénarios que j'avais reçus, que je l'ai appris, relate-t-elle. «Je ne connaissais pas François (Girard), mais j'avais déjà vu Le Violon rouge, un film formidable. Soie est un livre très difficile à adapter au grand écran et en voyant Le Violon rouge, on se rend compte que François a la sensibilité, musicale et cinématographique, pour le faire. J'ai senti tout de suite que si quelqu'un devait réaliser un film avec Soie, ce devait être lui. «Une impression qui s'est confirmée aussitôt qu'elle a rencontré Girard, la première fois: «On est allés prendre une tasse de thé ensemble à New York, se souvient l'actrice. Il est un homme formidable à côtoyer. Je l'ai beaucoup aimé, il est très calme et très cultivé. Il était comme ça sur le plateau aussi, très zen. Il boit son thé et discute calmement des scènes qu'il veut tourner. «Ce qui était particulier aussi, c'est que c'était un plateau très international (le film est coproduit par le Canada, le Japon et l'Italie). Il y avait des gens de l'équipe qui parlaient français, d'autre japonais, d'autres italien. Je me sentais donc totalement nulle de ne pas être capable de parler une autre langue que l'anglais!» |