CINÉMA 101Bilan de l'été hollywoodienMichael Rechtshaffen Sun Media 12-09-2007 | 05h34
Avant de se pencher sur les bilans, jetons un coup d’oeil aux leçons tirées (ou non) des événements des derniers mois.. Première leçon: n’entrez pas dans l’eau! On pourrait penser que les studios hésiteraient à plonger après avoir vu couler par le fond, l’été dernier, la nouvelle version de The Poseidon Adventure (Le Poséidon), par Warner Bros., et Lady in the Water (La dame de l’eau), de M. Night Shyamalan. Mais non! Universal Pictures n’en a pas tenu compte et mis à flots Evan Almighty (Evan le tout-puissant), au sujet d’un Noé des temps modernes. Mais même si la fausse barbe était portée par le comédien Steve Carrell, cette arche était pleine de trous et n’a même pas récolté 100 millions $. Et avec un budget présumé de 175 millions $ - un record pour une soi-disant comédie - Evan Almighty, avec ses effets spéciaux de piètre qualité, a perdu une quantité biblique d’argent. Deuxième leçon: trois, c’est un de trop. Si l’été nous a fourni une série de «no. 3» qui ont franchi la barre des 300 millions $ _ nommément, Spider-Man 3, Shrek the Third (Shrek le troisième) et Pirates of the Caribbean: At World's End (Pirates des Caraïbes: Jusqu'au bout du monde) - aucun n’a été aussi bien reçu que ses prédécesseurs. Et puisque les budgets augmentent de fois en fois, les marges de profit fondent d’autant. Quand il est question des «no. 3» à succès, il faut être prêt au bon moment. Si trop d’années s’écoulent entre les films, on perd cette précieuses impulsion (qui a vu Rush Hour 3 (Heure limite 3)?). Les «no. 3» les plus populaires en termes de «recettes par rapport au budget» ont en fait récolté plus d’argent que chacune des éditions précédentes. On parle ici du «no. 3» le mieux accueilli par les critiques, The Bourne Ultimatum (La vengeance dans la peau), qui a dépassé le cap des 200 millions $ pendant le week-end de la Fête du Travail et ne donne aucun signe d’essoufflement. Troisième leçon: faites-les rire. Le public adore avoir peur. Il adore être ébloui. Mais plus que tout, il adore qu’on le fasse rire. Et comme l’été l’a prouvé, le type de comédie n’a même pas besoin d’être ennuyeux et usé (comme I Now Pronounce You Chuck & Larry (Je vous déclare Chuck et Larry), pour plaire aux foules. À titre de preuve, mentionnons les performances supérieures aux attentes de deux des films les plus appréciés des critiques cet été, les comédies osées Knocked Up (Grossesse surprise) et Superbad (Super malades/>) qui réaliseront un beau petit profit en raison de leurs budgets relativement modestes. Mais même si le public a une faiblesse pour les comédies idiotes, ce ne sont pas des idiots, ce qui explique pourquoi un film comme Daddy Day Camp (Camp de jour en folie), la suite d’un film d’Eddie Murphy mais sans Eddie Murphy, aurait dû être envoyé directement en DVD sans nous faire perdre notre temps en salle. Peut-on donc dire que l’été a été formidable ou horrible? Si les comptables des studios ont encore quelques sous à compter (sans tenir compte de Monsieur Bean, dont «les vacances» de ce côté-ci de l’Atlantique ont été décevantes), tout dépend du point de vue. Strictement en termes de recettes au guichet, les films de l’été 2007 ont amassé la somme sans précédent de 4,3 milliards $ en billets, grâce en partie aux 31 millions $ inattendus générés le week-end dernier par la nouvelle version du film Halloween, de Rob Zombie. Cela surpasse la récolte de 4 milliard $ de 2004, sans toutefois tenir compte de l’augmentation du prix des billets. Quand on tient compte des admissions réelles, quelque 628,5 millions de personnes sont allées au cinéma - impressionnant, mais environ 40 millions en deçà du record établi à l’été 2002. Donc, allez-y, célébrez Hollywood, mais rappelez-vous que l’été 2008 arrive dans seulement huit mois. |