MA MÈRE EST CHEZ LE COIFFEURLes enfants d'abordVirginie Roy Journal de Montréal 07-08-2007 | 12h54
C'est la jeune mais ô combien professionnelle Marianne Fortier qui détient le rôle principal du nouveau film de la réalisatrice Léa Pool, Ma mère est chez le coiffeur. «Je tenais à avoir ce rôle parce qu'il me donne l'occasion de démontrer une grande palette de jeu. Je peux ainsi m'améliorer encore plus», explique celle qui, jouant au grand écran pour la première fois, incarnait le rôle d'Aurore dans le film du même nom, sorti en 2005. Plutôt que la petite martyre, c'est une Marianne souriante et pleine d'énergie que Le Journal de Montréal a rencontrée. «C'est vraiment l'fun sur le plateau. On est treize enfants. C'est comme un party!» explique la jeune adolescente de 13 ans. À travers les yeux de l'enfance Léa Pool ne tarit pas d'éloges envers la jeune comédienne. Après avoir auditionné plus de cinquante enfants, c'est Marianne Fortier qui est sortie du lot. «Elle était vraiment trois crans au-dessus de tout le monde. Elle a une solide gamme d'émotions. Je retrouve la force que j'avais découverte en Karine Vanasse», dit-elle. L'histoire se déroule à travers les yeux d'Élise, jouée par Marianne Fortier. La vie rassurante et tranquille de la jeune fille se voit bouleversée par le départ précipité de sa mère pour Londres, interprétée par Céline Bonnier. Le père, Laurent Lucas, se retrouve seul pour élever ses trois enfants. Le plus jeune frère, Benoît, joué par le petit Hugo Saint- Onge-Paquin, vit très mal la séparation de sa mère. Pour Coco, interprété par Élie Dupuis, la construction de son bolide l'aide à traverser cette épreuve. Complètement dépassée par les événements, c'est Élise qui tente de reprendre le gouvernail d'une famille à la dérive. Auprès de Monsieur Mouche, sourd et muet, elle trouve à la fois un confident et un refuge silencieux. Entre rires et chagrins, mensonges et vérités, elle traversera le passage, parfois douloureux, du monde de l'enfance à celui des adultes. Combinaison gagnante Selon la réalisatrice Léa Pool, c'est la combinaison du drame et de la comédie qui assurera le succès du film. «C'est certain que c'est une histoire surtout dramatique, mais les scènes tristes sont souvent accompagnées d'une fin comique. Je traite le drame d'une façon différente», explique-t-elle. La comédienne Céline Bonnier et l'acteur français Laurent Lucas se disent très heureux du déroulement du tournage. «J'aime beaucoup comment Léa Pool gère le plateau. Elle est calme. Cela facilite grandement mon travail», explique Céline Bonnier. Pour Laurent Lucas, c'est surtout le fait d'avoir vu plusieurs de ses films qui l'a convaincu d'accepter le rôle. «J'ai lu avec plaisir le scénario de Léa Pool. On ne se trompe pas avec elle», dit-il. De la fraîcheur Comme dans la plupart des films de Léa Pool, les enfants sont très présents dans l'histoire. «Je trouve qu'ils donnent une fraîcheur aux films», explique-t-elle. Si la réalisatrice réussit à recréer l'atmosphère du plateau dans son film, on peut croire qu'elle aura prouvé que les enfants font le succès d'un film. Dès notre arrivée, c'est par la musique du piano que nous avons été accueillis. Élie Dupuis, 13 ans, tente d'apprendre à jouer du piano à l'envers au tout nouveau comédien de sept ans Hugo Saint-Onge-Paquin. C'est que les temps d'attente sont parfois très longs pour les enfants! «Élie, c'est mon grand frère dans le film», explique Hugo, tout sourires. Pour lui, le métier d'acteur est très facile. «Je lis deux ou trois fois mon texte et je suis correct. Ce n'est pas difficile. C'est comme dans la vraie vie, mais avec du texte», explique celui qui se mélange un peu entre la vraie vie et son film. Pour Élie Dupuis, c'est l'émission La Mini- Fureur qui lui a ouvert la porte vers le grand écran. «Quand on m'a dit que j'étais choisi pour le rôle du frère d'Élise, j'étais très excité. Je voyais déjà le film au cinéma et les posters sur les murs», dit-il, les yeux pétillants. Avec un budget d'environ 4,5M$, on prévoit que Ma mère est chez le coiffeur sera en tournage jusqu'à la fin de l'été. La réalisatrice Léa Pool aimerait sortir le film pour le mois de mai prochain. |