LA BOBINE D'ORRémy Girard a droit à un hommage hollywoodienBruno Lapointe Le Journal de Montréal 14-06-2007 | 11h44
«C'est un très grand encouragement car ce prix est décerné par ceux qui présentent nos films. C'est une belle preuve qu'ils croient en ce que l'on fait», précise Rémy Girard, à la fois fébrile et ému lors de la réception. Plusieurs de ses amis ont profité de l'occasion pour lui témoigner leur soutien. Tous s'entendent pour dire que la contribution de Rémy Girard au cinéma québécois est indéniable. Du bonbon «Rémy Girard, c'est du bonbon! Il pourrait lire le bottin de téléphone et il serait capable de le rendre intéressant!» lance son ami Michel Côté dans un éclat de rire. «Rémy Girard est notre Gérard Depardieu à nous; c'est un homme qui parvient à tout coup à toucher le coeur des gens», témoigne Fabienne Larouche, qui signe le scénario de la biographie de Lucien Rivard, dont Rémy Girard campe le rôle. Pour la productrice Denise Robert, la consécration de Rémy Girard a atteint des sommets inespérés en 2004. «Quand le New York Times l'a mis à sa liste des plus grands acteurs aux côtés de Sean Penn et de plusieurs autres, ça a démontré que nous avons au Québec des acteurs aussi grands que les acteurs les plus reconnus du monde entier», se rappelle-t-elle. Alors que plusieurs des grands joueurs de l'industrie du cinéma étaient réunis, un sujet était sur toutes les lèvres: le doublage. La question épineuse faisait presque l'unanimité au sein de la colonie artistique. Du côté des artistes, tous se prononçaient en faveur de mesures visant à encourager le doublage des films au Québec. «Tout ce qui peut être fait ici doit être fait ici», résume Michel Côté. Quant à la productrice Denise Robert, elle dit que le gouvernement devrait faire la promotion du doublage au Québec sans nécessairement l'imposer à l'aide d'une loi. «Imposer quelque chose n'est pas toujours la bonne méthode. On a gagné beaucoup de terrain depuis les quinze dernières années, alors il ne faut pas se décourager», affirme-t-elle. Détermination Du côté de Guillaume Lemay-Thivierge, l'approche est plus déterminée. Il approuve le projet de Mario Dumont d'imposer par force de loi le doublage au Québec. «Notre Français international est excellent, on a de bons comédiens, alors ça va de soi», tranche le comédien. Quant à lui, Marcel Venne, nouveau président de l'APCCQ, n'est pas convaincu de l'importance d'une législation. L'association s'est prononcée en défaveur du projet de loi proposé par Mario Dumont. «Soixante-quinze pour cent des films doublés présentés dans nos salles ont été traduits au Québec. Au bout du compte, ce sont les cinéphiles qui seraient pénalisés par une telle loi», explique le nouveau président. Il admet tout de même que le cas de Shrek le troisième, doublé en France, est une «erreur monumentale». Même son de cloche du côté de Victor Loewy, qui ne croit pas en la nécessité de légiférer sur la question du doublage. «On n'a pas besoin de loi pour protéger l'industrie, elle fonctionne déjà à capacité maximale », souligne- t-il. |