Accueil Divertissement
 
 
JDM

SUR LE PLATEAU DE RIVARD

Charles Binamé examine trois projets

Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
11-06-2007 | 11h11
Charles Binamé célèbre cette année ses 35 ans de métier à titre de réalisateur. Étonnamment, la plus belle récompense de sa carrière n'est ni un Jutra, ni un Génie, mais plutôt une lettre.

Une lettre que lui a écrite le directeur général du club Le Canadien, quelques semaines après la sortie du film Maurice Richard.

«Ça disait, en gros, que j'avais rendu ce milieu-là tel qu'il est», confie-t-il, ému, en profitant d'une pause de tournage sur le plateau du film Rivard.

«Quand j'ai fait ce film-là, je n'étais pas un très grand fan de hockey, explique-t-il ensuite. Alors, j'ai plongé dans cet univers-là sans le connaître et je l'ai présenté comme je le voyais.

«Cette lettre-là est venue me dire que j'avais réussi mon mandat. Ça vaut tous les Jutra, tous les Génie», dit-il.

En 35 ans de carrière, Charles Binamé a signé pas moins de 14 productions; des longs-métrages pour la plupart, mais aussi quelques séries télévisées, dont Blanche.

Le tournage de Rivard est à peine terminé qu'il jongle déjà avec trois autres projets de films différents. «Ce sont tous des films très intéressants, mais qui sont à des degrés de financement différents.» Je ne sais pas encore... Je vais prendre une décision cet hiver ou le printemps prochain», dit-il, en refusant d'en dire plus sur les projets en question.

Ses acteurs...

Le réalisateur n'a pas d'acteur ou d'actrice «fétiche», comme beaucoup d'autres, mais plutôt «une famille d'acteurs fétiches» comme il se plaît à le dire.

«Roy (Dupuis) avec qui j'adore travailler... Pascale Bussières, Pascale Montpetit, Rémy Girard», énumère-t-il en prenant le temps de dire chacun des noms. «Il y a aussi Pierre Lebeau. J'ai travaillé juste une fois avec lui (sur le film Séraphin: Un homme et son péché), mais j'adorerais ça le refaire», admet-il en disant craindre d'oublier des noms.

Une belle réputation

Sur les plateaux de tournage, Charles Binamé a la réputation d'être toujours calme, en plein contrôle de la situation. Jamais colérique ou impoli.

Une chose - une seule - peut toutefois le mettre hors de lui. «L'incompétence. Quelqu'un qui ne fait pas sa job», tranche-t-il sans aucune hésitation. «Sur un plateau, je ne peux pas tout voir et m'occuper de tout. Il faut que ça roule. Je suis responsable du budget et de tourner un certain nombre d'heures, avec une certaine quantité de pellicule.»

«Je peux être patient, oui, mais je peux quand même aboyer quand c'est le temps», prévient-il.

Presque un magicien

Le cheveu grisonnant de la cinquantaine mais l'oeil aussi vif que celui d'un adolescent, Charles Binamé est un homme sans âge, qui se montre d'ailleurs réservé le temps venu de dévoiler un chiffre. «Je me garde jeune, dit-il en contournant la question de son âge. Parce qu'il faut avoir une santé de fer pour faire ce qu'on fait; travailler de longues heures, supporter le stress...»

Le réalisateur n'entrevoit d'ailleurs toujours pas à quel moment de sa vie il s'éloignera de la caméra. «M'arrêter? Non, du tout. J'espère travailler encore longtemps.

«J'ai encore ce plaisir de créer, de partir de rien et d'avoir, petit à petit, une voiture d'époque, un personnage, un costume, une émotion.

«C'est pas loin de la job de magicien», dit-il à travers un large sourire.

Lucien Rivard associé à l'assassinat de JFK

«Tout ce qui a été dit jusqu'à maintenant est un immense mensonge», estime Charles Binamé, dont le prochain film, Rivard, exposera une nouvelle théorie quant à l'assassinat de John F. Kennedy.

«On vient d'admettre, il y a trois semaines, qu'il y a eu conspiration et peut-être plus d'un tireur», dit-il pour illustrer comment, même 40 ans après les faits, la vérité peut parfois mettre du temps à se faire connaître.

Le film qu'il vient de tourner montrera comment Lucien Rivard, un caïd de la drogue québécois, a indirectement été associé à l'assassinat de Kennedy.

Fabienne Larouche et Michel Trudeau, qui ont pondu le scénario, collent aussi à l'assassinat le nom d'un certain Mertz.

«C'est un personnage réel, selon Fabienne et Michel, qui a contribué, selon eux, à la fuite des assassins», explique Charles Binamé.

Loin de lui l'idée de vouloir répéter ce qu'Oliver Stone a fait avec JFK, mais Charles Binamé souhaite tout de même que le film suscite une nouvelle réflexion quant à l'assassinat.

«Tant mieux si ça arrive, dit-il. Il faut se questionner.»

Toujours au sujet de l'assassinat de Kennedy, le réalisateur ajoute qu'il voit en cet événement la cause de ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis. «S'il y avait un sous-titre à ce film-là, ce serait La Perte de l'innocence de l'Amérique», confie-t-il.

haut