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Nitro - Un rôle très punché
© Photo Journal de Montréal/Pierre-Paul Poulin
Les yeux pétillants et un sourire à faire fondre les glaciers, Bianca Gervais n’est pas sur le point de voir son étoile ternir au firmament de nos stars québécoises.

NITRO

Un rôle très punché

Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
03-06-2007 | 14h21
Élégante et distinguée, Bianca Gervais contraste grandement avec le personnage de Fanfreluche qu’elle incarne dans Nitro.

Chique de gomme et langage grossier ne sont que quelques facettes de celle qu’elle incarne à l’écran. Ce sont d’ailleurs ces rôles opposés et différents de sa propre personnalité qui représentent les plus beaux défis pour la jeune comédienne.

D’un naturel chaleureux, Bianca Gervais n’a que faire des poignées de main et autres protocoles. Une douce accolade, une bise, et la glace est cassée. Voilà qui tranche royalement avec son personnage de Fanfreluche, une jeune femme à la tête d’un réseau de courses automobiles.

«C’est un rôle très court, mais très punché!» lance la comédienne dans un éclat de rire.

Vêtements révélateurs, attitude vulgaire et coiffure excentrique, rien n’a été négligé afin de permettre à Bianca Gervais de se glisser dans la peau de son personnage. Elle a d’ailleurs tenu à rendre Fanfreluche aussi éloignée possible de sa propre personnalité.

«Plus le personnage est proche de moi, plus c’est difficile de bien le jouer. On quitte alors le monde de la composition et les possibilités sont limitées», explique Bianca Gervais.

Des rôles moins glamour

De par le passé, elle n’a donc jamais hésité à prêter ses traits à des personnages beaucoup moins glamour. De prostituée dans Caserne 24 à son personnage assoiffé de vengeance dans Le Négociateur, aucune transformation physique ne lui fait peur.

«Je n’ai pas d’orgueil à vouloir jouer les filles cute tout le temps. Être comédienne, c’est d’abord et avant tout se métamorphoser. Tant que mes rôles me permettent d’approfondir mes personnages, je suis partante», explique Bianca Gervais.

Celle qui avoue ne rien connaître en mécanique automobile a voulu faire une entrée préparée sur le plateau de tournage. Toute une aventure pour la jeune comédienne…

«Je suis allée à l’Orange Julep et j’y ai demandé à un gars de m’expliquer ce qui se trouvait sous le capot de sa voiture! se remémore-t-elle en riant. Je n’avais pas besoin de tout savoir de la mécanique, mais je voulais comprendre la fascination. Des gens investissent d’énormes sommes d’argent dans leur voiture, ça devient parfois même le sens de leur vie.»

Malgré les scènes de poursuites automobiles présentées en bande annonce, Bianca Gervais tient à préciser que Nitro ne s’inscrit pas dans la formule classique du film d’action à grand déploiement. Selon elle, Alain DesRochers est réellement parvenu à trouver l’équilibre parfait entre le spectaculaire et la sensibilité.

«Au coeur du film, il y a une réelle quête qui est viscérale. Il y a un côté résolument plus clinquant, mais une bonne contrepartie avec des scènes d’intimité », explique Bianca Gervais.

Un public solidaire

Plusieurs misent gros sur Nitro. Certains croient même que le film pourrait devenir le succès de l’été, à l’image du Bon Cop Bad Cop de 2006. Bianca Gervais a confiance en la qualité de ce nouveau projet.

«On sort contre de grosses productions américaines, mais je pense que le public québécois est très solidaire envers son cinéma», constate la comédienne.

C’est donc pour cette raison que le cinéma québécois semble aujourd’hui plus que jamais prêt à prendre la place qui lui revient sur nos écrans.

«On est de plus en plus audacieux avec notre cinéma. La barre monte toujours de plus en plus, et c’est comme ça qu’on finit par se pousser au delà de nos capacités. On arrive toujours à faire de petits miracles», explique Bianca Gervais.

D’une simplicité désarmante, la jolie comédienne aux yeux pétillants mord dans la vie à pleines dents. Elle semble avoir toutes les raisons du monde d’afficher ce sourire charmeur, alors que les projets se bousculent devant elle.

On la retrouvera dans la nouvelle saison de l’émission Le Négociateur, puis dans une nouvelle sitcom de l’équipe derrière Km/h.

«C’est la première fois que je touche réellement à la comédie, et c’est tourné devant public. C’est un beau défi», conclut-elle avec des étoiles pleins les yeux.

Un bouffée d'adrénaline

En alliant la trame métallique de Nitro au côté plus mélancolique du scénario, J-F Gagnon a fignolé la chanson-titre parfaite pour le film.

© Photo Journal de Montréal
J-F Gagnon, chanteur et guitariste de The Dizzy Racers, a été chargé d’écrire et de composer la chanson-titre du film Nitro.
«C’est une pièce en anglais au son rock avec une touche de mélancolie», explique le chanteur et guitariste du groupe The Dizzy Racers.

En quatre jours, à la mi-avril, J-F Gagnon a donc écrit et composé Nitro, chanson-titre du film. Une expérience à l’image du long métrage, comparable à une bouffée d’adrénaline.

«Je connaissais déjà Alain DesRochers et je l’appelais pour prendre de ses nouvelles. C’est alors qu’il m’a parlé de son film et m’a demandé si je pouvais lui écrire la chanson. Je ne m’attendais vraiment pas à cela», se rappelle J-F Gagnon en souriant.

Un bref résumé du film relaté au téléphone et quelques heures plus tard, la chanson était écrite, paroles et musique. Le lendemain, les répétitions commençaient, puis a suivi l’étape de l’enregistrement. La chanson, qui se retrouvera dans la bande sonore du film, sera dès cette semaine jouée dans les stations de radio. Le vidéoclip sera tourné au courant du mois sous la direction d’Alain DesRochers.

Écrire pour le cinéma

La composition d’une chanson destinée au cinéma est réellement différente du processus créatif auquel J-F Gagnon est habitué.

«On ressent plus de stress car on sait qu’il ne s’agit pas simplement de se faire plaisir à nous. Il faut penser à une équipe complète, au film et aux cinéphiles», explique-t-il.

C’est ainsi qu’il s’est mis à gratter sa guitare, et le refrain a bien vite pris forme dans sa tête. Toujours en gardant en tête la trame narrative du film, il a créé une chanson aux rythmes enivrants et au refrain accrocheur qui colle parfaitement au film.

Ce bref saut vers le cinéma est en fait une étape logique dans le cheminement de The Dizzy Racers. En effet, l’idée derrière la formation du groupe est venue d’un projet de cinéma que J-F Gagnon souhaitait développer.

«Nous sommes cinq membres, cinq personnages. Nos chansons relatent les histoires abracadabrantes de chacun», explique-t-il.

D’ailleurs, le groupe est présentement en discussions avec quelques compagnies afin de développer l’univers des Dizzy Racers. Projet filmique et jeux vidéo sont dans les cartes pour les rockeurs.

Une occasion en or

Pour le musicien et son jeune groupe, entendre leur son au générique d’un film de grande envergure tel que Nitro représente une occasion en or de faire connaître leur talent à un public plus large.

«C’est réellement une vitrine extraordinaire pour les Dizzy Racers», atteste-t-il.

Ils profiteront de cette belle visibilité au lancement, cette semaine, de leur premier album, Freedom Road. Le disque sera disponible dès mardi dans leur site Internet, www.thedizzyracers.com. Le groupe se produira également sur scène au Grand Prix du Canada, à Montréal du 7 au 10 juin.

Un personnage attachant et coloré

© Photo Journal de Montréal/Pierre-Paul Poulin
Réal Bossé croit que les émotions et le divertissement sont les meilleurs moyens de pousser les gens à se rendre dans nos salles de cinéma.
Les films d’actions de la trempe de la mégaproduction québécoise Nitro seraient en fait un véhicule idéal pour remplir nos salles de cinéma et éveiller les gens à notre culture cinématographique désormais plus diversifiée que jamais. «Les blockbusters sont des locomotives; ils permettent aux gens de sortir de leur salon pour enfin découvrir tous les genres différents qui sont offerts», explique Réal Bossé.

«Pour pousser les gens à sortir de leur maison, le meilleur moyen est d’avoir recours au divertissement et aux émotions», explique le comédien.

On pourrait donc désormais se fier aux grosses productions afin d’imposer le cinéma comme une sortie culturelle régulière. Depuis plusieurs années, les gens semblent avoir besoin de motivations de plus en plus grandes pour quitter le domicile. Mais cela ne signifie pas que les autres genres de films n’ont pas leur place dans nos cinéplex.

«Quand les gens vont finir par se rendre dans une salle de cinéma, ils vont réaliser à quel point aller voir un film est une expérience tripante. Ils vont finalement s’ouvrir les yeux aux autres genres de films qui sont offerts et y prendre goût», explique Réal Bossé.

Le comédien constate d’ailleurs que l’industrie du cinéma québécois est sur le point de devenir autosuffisante. Avec tous les styles de films made in Quebec qui prennent l’affiche sur nos écrans à intervalles réguliers, le vaste spectre des genres cinématographiques est désormais couvert.

«On peut maintenant se permettre de toucher à tous les créneaux de cinéma. Plus personne n’attend que l’Europe nous fournisse du cinéma d’auteur ou que les États-Unis nous présentent leurs films d’action», explique Réal Bossé.

C’est dans cette optique que les Québécois ont développé une attitude protectrice envers les oeuvres de leurs créateurs locaux.

«Même les films qui nous plaisent un peu moins, on veut réellement qu’ils aient du succès, car on sait que ça ne peut qu’aider notre industrie», explique Réal Bossé.

Thématique actuelle

L’engouement que suscite notre cinéma est donc une des raisons pour lesquelles Réal Bossé a tenu à être de la distribution de Nitro. Il y incarne un coordonnateur d’organes, l’homme par qui passe chaque transfert d’organe.

C’est ainsi qu’il deviendra impliqué dans les manigances du personnage principal, à la recherche d’un coeur pour sauver la femme qu’il aime.

Le thème du trafic d’organes est d’actualité depuis un bonmoment déjà. Pourtant, aucun cinéaste n’avait pensé s’en inspirer pour créer la trame narrative d’un de ses films.

«Tout ce qui nous touche de trop près, les gens ont peur d’en parler. Beaucoup croient que le cinéma n’a que comme seul mandat de divertir. Je pense qu’il est nécessaire de réfléchir tout le temps, que ce soit dans un cinéma d’auteur ou dans un blockbuster», explique Réal Bossé.

Bien que son rôle ne soit que bref et sporadique, Réal Bossé reste fidèle à son habitude en créant un personnage attachant et coloré. En acceptant un rôle secondaire, le comédien s’est lancé à lui-même un nouveau défi.

«J’aime beaucoup ce genre de petits rôles. Il faut réussir à capter l’attention, car sinon on est bien vite oublié ou mêmecoupé au montage!» lance-t-il en riant.

Faire confiance au public

Il reste encore quelques semaines avant que Nitro envahisse nos écrans et on peut déjà constater l’étendue de la campagne publicitaire qui vise à annoncer le film sur les écrans, panneaux publicitaires et autres moyens de transmission.

Réal Bossé croit toutefois que le public a le dernier mot quand il s’agit de juger un film.

«On oublie parfois de faire confiance à l’intelligence des gens. Ils ne sont pas dupes et ce sont eux qui décident de faire d’un film un succès ou un échec.

Même au terme d’une campagne de publicité impressionnante, si le résultat n’est pas ce qui est promis, ils n’accrocheront pas», constate le comédien.

Et le public, Réal Bossé semble bien le connaître. Celui qui roule sa bosse dans le métier depuis la fin des années 1980 ne semble pas sur le point de s’arrêter.

Voilà le résultat d’une carrière qui lui a permis de se tailler une place de choix dans le coeur du public québécois. Avec plusieurs projets sur la table pour les prochains mois, tant à la télévision qu’au cinéma, nous n’avons pas terminé d’entendre parler de Réal Bossé.

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