LE JOURNAL À CANNESLes quêteurs de billets sont à l'affût Maxime Demers 19-05-2007 | 07h48
Ils sont là tous les jours, fidèles au poste, devant l'entrée du Palais des Festivals par où entrent les journalistes et professionnels accrédités. Ils tiennent dans leurs mains un carton ou une feuille blanche sur laquelle ils ont écrit «billet, svp» ou encore «je cherche une invitation pour...». Quelques heures avant la cérémonie d'ouverture mercredi passé, ils devaient être une trentaine à attendre en espérant qu'un généreux VIP leur fasse don d'une entrée. Idem avant la présentation de Zodiac jeudi. À lire aussi
Pour la première du film français Les Chansons d'amour, hier, il y en avait un peu moins, mais on a retrouvé en gros les mêmes visages. Dont celui de Catherine Legoupil, une Niçoise souriante portant de grandes lunettes fumées noires. Faire confiance au destin Chaque matin, elle prend le train en direction de Cannes, son horaire des projections du Festival et son carton «billet, svp» en main, avec un objectif précis : voir le plus de films possible. Et pas n'importe lesquels: ceux de la sélection officielle. - Et ça fonctionne? «Ah, ça fonctionne très bien. Il suffit d'être patiente. Et de faire confiance au destin. Cela dit, c'est quand même plus difficile cette année. Il y a plus de compétition, souligne-t-elle en montrant du doigt ses» adversaires «, qui attendent à quelques mètres d'elle. «L'an passé, j'ai réussi à entrer aux premières de tous les films en compétition. Cette année, j'ai pu voir Zodiac deux fois, mais je n'ai pas réussi à voir le film d'ouverture (My Blueberry Nights). Et demain (aujourd'hui), j'ai l'impression que je vais avoir du mal à trouver une entrée pour le film de Michael Moore.» Mais qui sont au juste ces généreuses personnes qui leur donnent les précieux billets ? «Les journalistes ou les professionnels du marché reçoivent parfois des billets pour les premières et quand ils n'ont pas le temps ou pas le goût de les utiliser, ils nous les donnent», explique Catherine Legoupil. «Vous seriez surpris de voir combien de personnes n'utilisent pas leurs billets...» |