RÈGLEMENT MUNICIPAL EMBÊTANTLa durée de stationnement trop courte pour les cinéphiles14-05-2007 | 12h45
Après les maîtres du piratage, c'est au tour des parcomètres de gruger les revenus de l'industrie du cinéma à Montréal. «La durée de stationnement permise doit être révisée», affirme Daniel Séguin de Cinéplex Divertissement. On réclame trois heures de permission, et ce, en tout temps. Actuellement, la durée de stationnement permise par la plupart des parcomètres de la ville de Montréal est de deux heures. C'est peut-être assez pour faire quelques emplettes ou prendre une bouchée entre amis, mais c'est souvent trop peu pour voir un film ou un spectacle. Depuis septembre dernier, les parcomètres de certains secteurs montréalais sont plus cléments. En effet, les automobilistes qui fréquentent le Quartier des Spectacles les soirs de semaine peuvent désormais payer leur espace de stationnement pour trois heures, soit 60 minutes de plus que la durée régulière. Ce périmètre est borné par les rues Sherbrooke, Berri, René-Lévesque et City Councillors. Mais le problème n'est tout de même pas résolu pour les autres secteurs, ni les après-midi de week-end, moments où plusieurs personnes trouvent refuge dans les salles de cinéma. «Nous pensons à faire des démarches auprès de la Ville afin d'augmenter à trois heures la durée régulière de stationnement», explique Ellis Jacob, PDG de Cinéplex Divertissement au Canada. Du côté de Stationnement Montréal, on nous souligne qu'aucun changement n'est prévu pour l'instant. Nouvelle mode: les films longs «Il y a de moins en moins de films de 90 minutes. La majorité des grosses productions durent plus de deux heures», explique Daniel Séguin, vice-président aux opérations chez Cinéplex Divertissement. À preuve, les blockbusters de l'été donneront des maux de tête aux cinéphiles qui tenteront de stationner sur les rues avoisinant les cinémas. À titre d'exemple, Spider-Man 3, ainsi que les prochains volets des aventures de Harry Potter et de Pirates des Caraïbes dépassent largement les deux heures permises par les parcomètres de la ville. La situation pousse les exploitants de salles de cinéma à recourir à d'autres moyens afin d'accommoder leurs clients. C'est ainsi que le cinéma StarCité bénéficie d'une entente avec la Régie des installations olympiques qui octroie un rabais aux cinéphiles qui garent leur voiture dans le stationnement payant réservé au Stade olympique. «Les utilisateurs réguliers du stationnement paient jusqu'à 12 $ pour y garer leur voiture, alors que ceux qui viennent voir un film ne déboursent que 3$», précise Daniel Séguin. Même chose du côté du Quartier Latin, où les cinéphiles obtiennent un rabais sur le prix de leur billet de stationnement. Problématique urbaine Il s'agit véritablement d'une problématique urbaine. En effet, dès que l'on s'éloigne des grands centres, la plupart des cinémas offrent à leur clientèle de vastes stationnements gratuits. Que ce soit dans les banlieues ou tout simplement plus loin des grands centres, les cinéphiles peuvent garer leur voiture en toute quiétude dans des espaces prévus à cet effet. À quand ce genre de stationnements gratuits aux abords des cinémas du centre-ville ? Une chose est certaine, ce ne sera pas demain. «L'idée d'un stationnement au centre-ville de Montréal ne fonctionnerait pas, faute d'espace», remarque Ellis Jacob. Il utilise donc ses énergies à tenter de faire augmenter la durée de stationnement permise dans la métropole. Le changement pourrait bien se faire dans un avenir plus rapproché. Du moins, c'est ce qu'espère l'industrie. «Ça serait bien de permettre à nos cinéphiles de pouvoir stationner pendant trois heures en tout temps afin de ne pas avoir de soucis pendant le film», implore Daniel Séguin. |