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SYLVAINE OU L'ESPRIT DE LA FORÊT

Micheline Lanctôt tentera l'impossible

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
11-05-2007 | 12h03
Micheline Lanctôt jouera elle-même le rôle principal dans son prochain film, Sylvaine ou l'Esprit de la forêt. Pascale Bussières et Normand Daneau lui donneront la réplique.

Ce sera la première fois que Micheline Lanctôt joue dans un film qu'elle réalise.

«Je ne sais pas comment je vais faire parce que j'ai toujours dit que je pensais que c'était impossible à faire», lance en riant l'actrice et cinéaste, rencontrée plus tôt cette semaine au dévoilement de la programmation du 2e Festival du film de Tremblant, pour laquelle elle agira à titre de membre du jury.

«Mais comme ça faisait un an et demi que je n'avais pas travaillé comme actrice, j'ai décidé de me donner le rôle.»

Sylvaine ou l'Esprit de la forêt racontera l'histoire d'une femme chauffeuse de taxi (Lanctôt) qui voit sa vie basculer après un accident. Pascale Bussières, que Lanctôt avait dirigée en 1984 dans Sonatine (son premier rôle au cinéma) et dans Deux actrices en 1993, et Normand Daneau seront aussi de la distribution.

Micheline Lanctôt a déposé son scénario aux institutions il y a quelques semaines et attend une réponse vers la fin juin. Son budget est évalué à 1,2 million. Si tout va bien, le tournage pourrait avoir lieu à la fin de l'été ou à l'automne.

«C'est un petit budget, mais ça ne me dérange pas trop parce que je me sens plus à l'aise de travailler avec une petite équipe de tournage. Ce que je trouve frustrant à la longue, par contre, c'est de demander aux acteurs de travailler pour pas cher. Ce n'est pas normal d'avoir toujours à faire ça.»

Inquiète

Professeure de cinéma à Concordia, Micheline Lanctôt s'inquiète aussi de l'avenir des jeunes cinéastes.

«On forme plein de jeunes dans les écoles de cinéma, mais on les envoie sur le marché en ne leur offrant aucune possibilité de percer. Ils encombrent les demandes, alors qu'il n'y a même pas assez d'argent pour les cinéastes établis. Ça n'a pas de bon sens.»

Du même souffle, la cinéaste et actrice accuse, comme ses pairs, le gouvernement Harper de ne pas investir assez dans la culture québécoise.

«Déjà, le fait d'avoir une ministre de la Culture (Bev Oda) qui ne parle pas français, c'est scandaleux et inacceptable, déplore-t-elle. Pourtant, le poids de la culture québécoise est énorme dans la culture canadienne.»

mdemers@journalmtl.com

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