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Huard et Canuel - Jamais deux sans trois
© Photo Le Journal de Montréal
­ Cadavres, une production de 5 M$, est la troisième collaboration entre le réalisateur Érik Canuel et l’acteur Patrick Huard, après la comédie romantique Nez Rouge et la comédie policière Bon Cop Bad Cop.

HUARD ET CANUEL

Jamais deux sans trois

Maxime Demers
Journal de Montréal
15-04-2007 | 06h35
Patrick Huard et Érik Canuel, l'acteur et le réalisateur de Bon Cop Bad Cop, sont de retour ensemble sur un plateau de tournage, celui de la tragicomédie Cadavres qui met également en vedette Julie Le Breton, Gilles Renaud, Patrice Robitaille et Sylvie Boucher.

Cadavres... Le titre en dit long. Une petite visite dans les décors de cette adaptation du roman homonyme de François Barcelo présentement en tournage suffit pour avancer au moins ceci: Cadavres ne ressemblera ni à la comédie romantique Nez Rouge, ni à la comédie policière Bon Cop Bad Cop, les deux précédentes collaborations de Canuel et Huard.

Une vieille maison sale, lugubre, qui donne envie d'appeler le 911; des murs défoncés, des bouteilles de bière vides qui traînent partout, du sang dans la douche... Pire: dans le sous-sol, des cadavres sont enterrés un peu partout.

Les cadavres de qui? Les proprios Raymond (Patrick Huard) et Angèle, sa soeur (Julie Le Breton), ne savent pas vraiment. Tout ce qu'ils savent, c'est qu'ils cherchent le cadavre de leur mère (Sylvie Boucher) et que plus ils cherchent, plus ils tombent sur de nouveaux cadavres...

«Il y a un paquet de cadavres qui s'accumulent dans leur sous-sol, mais Angèle et Raymond ne sont pas des serial killers, précise le producteur Pierre Gendron, de Zoofilms. Ils ne tuent personne. C'est ça qui rend la situation si absurde... et si drôle!

«C'est une comédie noire, mais comme jamais on n'en a vu avant. Au début, on se disait: ça va être quelque part entre Delicatessen et Fargo. Mais plus on avance, plus on s'en va vers un Delicatessen mais en plus moderne.»

S'éclater

Un des buts de l'opération selon Gendron: donner à Érik Canuel un scénario pour qu'il puisse s'éclater. Mission accomplie: Canuel (Le Dernier Tunnel, Le Survenant) dit s'éclater à fond.

«Je m'éclate au niveau du scénario, du jeu, des personnages, des ambiances», confirme Canuel, qui vient de refuser de tourner un film à Hollywood.

«C'est un univers extrêmement complexe sur les plans visuel et psychologique. Le défi est de garder la trame dramatique et tragique du film tout en allant à fond dans la comédie absurde, surréaliste, bédéiste.»

«Pour moi, c'est le film le plus personnel d'Érik, ajoute Patrick Huard. C'est le film le plus proche de lui. C'est un peu comme La Loi du cochon (le premier film de Canuel), mais en plus pété et plus tordu.»

Les cheveux longs et sales, la barbe pas rasée, Patrick Huard est quant à lui méconnaissable dans la peau de Raymond.

«Raymond n'a rien à voir avec tous les autres personnages que j'ai joués, souligne l'acteur. C'est la première fois que je joue un personnage si peu physique et si laconique. Il est toujours quelques secondes en retard sur les émotions. Il est l'anti-beat de tout le film. Tout est fou autour de lui, mais lui est comme un escargot qui se vire de bord. Mais ce n'est pas un mauvais gars. Il est même plutôt attachant.»

Tordu ou non, Cadavres est pratiquement déjà assuré de se trouver un public, simplement par le fait qu'il réunit Érik Canuel et Patrick Huard, le tandem derrière Bon Cop Bad Cop.

«Tout le monde me dit: t'es chanceux, Gendron, t'as Huard devant la caméra et Canuel derrière, rigole Pierre Gendron. La vérité, c'est que c'était organisé bien avant le succès de Bon Cop. Ce sont des gars avec qui j'aime travailler. C'est donc un beau hasard... et un bon coup de chance!»

Cadavres devrait prendre l'affiche en 2008.

mdemers@journalmtl.com

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