TOURNAGES AU QUÉBECEn route pour le Locations Trade Show David Patry Le Journal de Montréal 09-04-2007 | 10h31
L'opération séduction pour attirer les tournages de films américains au Québec repart de plus belle le week-end prochain à Los Angeles, tournant ainsi définitivement la page sur le conflit des syndicats de techniciens qui nous a privés de un milliard de dollars en retombées économiques. Le commissaire national du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), Hans Fraikin, s'envolera pour Los Angeles demain afin de participer au Locations Trade Show avec la petite délégation québécoise. Cette grande foire annuelle sert les producteurs américains qui y magasinent des lieux de tournage potentiels auprès des quelque 300 bureaux de films de partout dans le monde. «On fera vraiment un travail de promotion et de développement des affaires avec une optique à long terme», indique le commissaire Hans Fraikin. Il s'agit de la première fois dans les quatre dernières années que le Québec envoie une délégation pour faire la promotion de ses intérêts. Un potentiel fou Et malgré son absence à cet important rendez-vous de l'industrie, le Québec arrivait tout de même à attirer des productions américaines telles que le film 300, qui a pris l'affiche le mois dernier. «C'est pour ça que je dis qu'on a un potentiel fou, lance Hans Fraikin. On a tout pour réussir. Les studios, la diversité des lieux de tournage, les crédits d'impôts, sans compter le cachet européen de Montréal qui en fait une ville unique en Amérique du Nord.» Le commissaire national estime que l'industrie cinématographique québécoise peut attirer beaucoup plus de productions qu'elle le fait présentement. En 2006, des productions américaines totalisant quelque 165 M$ ont été tournées au Québec. En 2007, malgré le conflit entre l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS) et l'International Alliance of Theatrical Stage Employees (IATSE), ce chiffre pourrait atteindre plus de 200 M$. Sans ce conflit destructeur, le Québec se dirigeait vers une année record. Des productions valant plus de 400 M$, pour des retombées directes et indirectes estimées à un milliard de dollars envisageaient de venir au Québec, mais sont parties pour d'autres cieux. Hans Fraikin entend d'ailleurs mettre un effort particulier pour séduire de nouveau les producteurs qui ont déserté le Québec et pour les encourager à revenir lors de leurs futurs projets. Ceux-ci ont tendance à retourner aux endroits où ils ont déjà tourné lorsqu'ils sont satisfaits du service et Hans Fraikin veut s'assurer qu'il ne perdra pas à jamais ceux qui sont partis. Par exemple, le producteur de Mummy III, un film de 135 M$ qui a été rapatrié in extremis au Québec lorsqu'un règlement est intervenu entre les syndicats de techniciens, était déjà venu à Montréal pour tourner The Aviator. |