40E ANNIVERSAIRETéléfilm Canada veut de l'argent comme cadeauMaxime Demers Le Journal de Montréal 03-04-2007 | 12h16
«Quarante ans, c'est l'âge de la maturité, de la sagesse et très souvent l'âge où l'on devient indépendant financièrement. Mais ce n'est malheureusement pas le cas avec Téléfilm Canada», a lancé le président du distributeur Alliance Atlantis Vivafilm dans un discours prononcé au cocktail du 40e anniversaire de l'organisme fédéral, hier soir au Musée des beaux-arts. «Le cinéma québécois est en santé, mais le gouvernement fédéral n'investit malheureusement pas plus d'argent dans cette industrie, ce qui aura pour effet de réduire le nombre de films», a ajouté Patrick Roy. «Alors pour votre 40e anniversaire, nous vous souhaitons que le gouvernement vous accorde enfin plus d'argent!» Plus d'argent: c'était donc le message très clair que souhaitaient lancer les représentants du cinéma québécois hier au ministre fédéral de l'Industrie, Maxime Bernier, appelé en remplacement de la ministre de la Culture, Bev Oda, qui ne pouvait être présente. Dans un discours laconique, Maxime Bernier s'est contenté de dire que le gouvernement continuerait de supporter cette industrie. Rencontré au cocktail, l'acteur Michel Côté a, comme ses pairs, tenu à lancer un appel à Ottawa: «Ce n'est pas Téléfilm, le problème, c'est le fait que le gouvernement ne lui accorde pas plus de sous, a dit l'acteur. Il y a trop de demandes, pas assez d'argent. Je n'aimerais pas être à leur place. Ils font un travail fantastique étant donné les circonstances. «C'est donc à Ottawa de bouger. Le gouvernement annonce des milliards en surplus, pourquoi ne pas investir un petit 10 M$ dans le cinéma comme l'a fait récemment la SODEC ? Ce n'est pas beaucoup, mais ça nous aiderait énormément.» Essentiel Plus de 400 personnalités et professionnels de l'industrie du cinéma québécois, de la télévision et du multimédia avaient confirmé leur présence à la réception d'hier soir. Denise Filiatrault, Dan Bigras, Geneviève Brouillette et Louise Portal (qui animait la cérémonie) étaient notamment de la partie, tout comme le directeur général de Téléfilm Canada, Wayne Clarkson. Souvent critiqué pour ses choix et ses critères de financement, Téléfilm Canada n'en demeure pas moins un joueur essentiel dans la production de films au Québec et au Canada. Sans l'aide financière de Téléfilm, plusieurs classiques, dont C.R.A.Z.Y., Les Invasions barbares, Maelström et Léolo, n'auraient peut-être jamais vu le jour. «Ma vieille grand-mère disait souvent: Les hommes, on ne peut pas vivre avec et on ne peut pas vivre sans. Je repense souvent à elle quand je pense à Téléfilm», a illustré, pince-sans-rire, Kevin Tierney, producteur de Bon Cop Bad Cop. mdemers@journalmtl.com |