TORONTOCongorama effectue un retour Bruce Kirkland Sun Media 01-04-2007 | 11h29
Le film excentrique qui a permis au charmant Falardeau de remporter son premier Génie - Congorama - est maintenant de retour sur les écrans de Toronto après avoir fait ses débuts au Canada anglais au Festival international du film de Toronto de 2006. Ce pourrait être le plus grand défi que ce film aura à relever, a admis Falardeau à Sun Media. Les films francophones du Québec réussissent rarement à l'extérieur de la province, tout comme les films canadiens de langue anglaise connaissent rarement du succès au Québec. «Les films canadiens sont comme les bières canadiennes, dit un Falardeau frustré. On fait de bonnes choses d'un bout à l'autre du pays, mais ils ne franchissent pas leurs frontières provinciales. Nous devons encore apprendre comment faire les choses dans ce pays. Des efforts de part et d'autre «Mais je sais que le festival de Toronto fait de gros efforts pour présenter les films québécois au reste du pays et j'aimerais que le contraire soit vrai.» Falardeau, lui, fait l'effort. En 2003, il faisait partie du jury qui jugeait les courts métrages au festival de Toronto. Par la suite, il a choisi huit de ces films pour les présenter aux Rendez-vous du cinéma québécois, malgré qu'aucun de ces films ne provenait du Québec. «Il faut arrêter de se regarder le nombril, ajoute Falardeau. Nous devons rencontrer les jeunes cinéastes et échanger nos idées. J'aimerais qu'on puisse le faire davantage.» Bien sûr, il y a d'autres défis, même pour Congorama, qui est une coproduction canado-belge-française. La distribution internationale est de premier ordre, avec le comédien québécois Paul Ahmarani, qui partage l'écran avec le vétéran belge Olivier Gourmet (qui était en lice pour le Génie du meilleur acteur) et la légende française Jean-Pierre Cassel, qui tient le rôle muet du père vieillissant de Gourmet. Alors, il peut être vendu à des distributeurs européens. Mais... «Le marché le plus difficile à conquérir est le marché américain, ajoute Falardeau. Ils ne sont tout simplement pas intéressés. Non seulement ne sont-ils pas intéressés, mais ils protègent leur marché. Ils ne devraient pas avoir peur de nous.» Alors Falardeau a des ambitions modestes pour Congorama, tout comme il en avait pour son premier long métrage, lui aussi récompensé, paru en 2000: La Moitié gauche du frigo, une comédie excentrique qui mettait également en vedette Ahmarani. Le but, pour Falardeau, est de «pouvoir toucher la cible. Congorama ne s'adresse pas à un petit groupe de cinéphiles, mais il n'est pas un film de masse non plus. Il se situe à mi-chemin. Il peut connaître un certain succès, bien à lui, en incluant une reconnaissance dans des festivals à l'extérieur du Canada.» |