300Entre l'histoire et la bdpar Philippe Rezzonico 03-03-2007 | 15h22
Le film, qui sera sur nos écrans la semaine prochaine, repose principalement sur un légendaire affrontement entre les forces de Sparte et l’armée perse, quelque 480 années avant Jésus-Christ. En raison de l’invasion imminente des Perses sur leurs terres et leur continent, le roi Léonidas et ses 300 soldats d’élite ont freiné des milliers de Perses à l’entrée du défilé des Thermopyles, le temps de permettre aux Spartiates et aux Athéniens de se replier. Ce choc épique entre deux civilisations est également la trame de fond de la bande dessinée 300, scénarisée et dessinée par Frank Miller, celui-là même qui a donné vie à l’illustré Sin City. Tout comme les personnages de Sin City qui sont passés sans effort du support du neuvième (la bande dessinée) au septième art (le cinéma), l’oeuvre romancée de Miller passe au grand écran sous la direction du réalisateur Zack Snyder. «Au-delà des considérations de rigueur en regard de l’illustré et de l’Histoire, je voulais que le film soit attirant pour les spectateurs», explique Snyder, qui a revisité en 2004 le classique de George Romero, Dawn of the Dead. Une solide base «C’est particulièrement vrai à notre époque où chaque studio de cinéma a à sa disposition son super-héros jetable, poursuit Snyder Je ne voulais pas donner l’impression que ce film a été conçu dans un comité de direction. Avoir sous la main le matériel graphique de Frank comme base de travail, ainsi que l’univers des Spartiates, c’était vraiment cool.» En dépit de la liberté relative que Warner Bros. était prêt à lui consentir, Snyder faisait face au problème récurrent des adaptations dessinées au grand écran. Trop près du comic book, tu passes pour un fichu de puriste. Trop éloigné, tu te fais accuser de trahison par les lecteurs. «Le carcan imposé par l’illustré avait ses avantages et ses désavantages, estime Snyder. Surtout avec Frank dans les parages — en qualité de producteur exécutif -, un homme dont je respecte l’oeuvre. J’ai donc essayé de ne pas tout foutre en l’air.» 300 n’est pas qu’un film violent. C’est un film où la violence est l’une des fibres les plus importantes en raison des conventions sociales et politiques de l’époque. Les Spartiates, issus de la cité du même nom, étaient les combattants hellènes les plus aguerris de l’empire grec.
Déterminés à outrance «Que ce soit conscient ou non, tu sais que les acteurs se cherchent toujours des excuses en regard des gestes posés par leurs personnages. Pas ici. Personne… Quand tu regardes le film, tu sais qui sont ces gars-là et ce qu’ils font. Le mot d’ordre, c’est: «Nous n’allons pas plier.» Tu sais qu’ils ne sont pas bien vus, mais à la fin, tu sais qu’ils seront respectés et qu’il y a des gens qui vont apprécier ce qu’ils ont fait. J’aimerais être aussi déterminé que ces gars-là.» Mine de rien, 300 a bien failli ne pas voir le jour, question de timing. «On a cru à un moment que le film ne se ferait pas, explique Snyder. J’avais le script en main et je faisais la tournée des studios au moment où chacun d’entre eux avait un film du même genre en production. Que l’on pense à Troy ou à Alexander. D’où le délai.» «Nous avons pensé un instant de le faire sur une base indépendante, ce qui aurait pu être intéressant, mais ça demande une quantité importante de financement et d’énergie. C’est à ce moment que j’ai décidé de faire Dawn of the Dead, mais le projet était toujours disponible quand j’ai conclu Dawn…» Le contexte historique
L’homme derrière les bonshommes Frank Miller, l’homme derrière 300 et Sin City, a commencé sa carrière il y a plus de 25 ans. Petite chronologie de l’oeuvre en question.
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