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CONFLIT SYNDICAL DES TECHNICIENS DE CINÉMA

Dissension dans les troupes québécoises

David Patry
Le Journal de Montréal
14-02-2007 | 12h01
Pour sauver leur industrie et tenter de rattraper les quelque 300 M$ de productions américaines qui ont déjà déserté la métropole, plusieurs techniciens du cinéma estiment que le syndicat québécois devra lâcher prise dans son bras de fer avec le syndicat américain.

Ces techniciens, à la fois membres de l'AQTIS (Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son) et de l'IATSE (International Alliance of Theatrical Stage Employees), ont élu domicile dans le lobby des studios Mel's, à Montréal.

Ils tentent d'amasser le nombre de signatures nécessaires à la tenue d'une assemblée générale spéciale de l'AQTIS.

Pour y arriver, ils devront récolter l'aval de 10 % des membres, l'équivalent de quelque 280 noms. Lors du passage du Journal de Montréal, une centaine de noms avaient déjà été amassés.

«On ne veut plus que l'AQTIS fasse quoi que ce soit de légal qui pourrait empêcher la venue des producteurs américains», explique le machiniste Stéphane Pilon.

«Aussi longtemps que l'AQTIS va contester les demandes d'accréditation, les productions américaines ne viendront plus à Montréal», ajoute Louis Marion, un preneur de son.

Rappelons que l'AQTIS détient légalement l'exclusivité de la représentation de 16 postes de techniciens de cinéma.

Mais les producteurs américains sont tenus par une entente de faire affaire avec l'IATSE, un syndicat américain, dans les territoires où elle est présente.

À la demande de certains techniciens, une cellule de l'IATSE s'est implantée au Québec il y a maintenant 18 mois. Les producteurs se buttent donc aux démarches légales de l'AQTIS, qui tente de faire valoir son droit de représentation.

Une perte de 365 M$

«C'est tellement compliqué, mettre en place une production, la dernière chose que les Américains veulent, c'est d'entrer dans un conflit syndical», indique le commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, Hans Fraikin.

Les studios de Hollywood boudent donc le Québec. «On est en train de passer à côté de ce qui aurait été la meilleure année depuis très longtemps», souligne Hans Fraikin. Le total des pertes atteint quelque 365 M$.

Comme Le Journal de Montréal le révélait hier, le Québec a perdu le tournage de The Curious Case of Benjamin Button, une production mettant en vedette Brad Pitt dont la partie qui aurait été tournée ici équivaut à 20 M$, de même que Elegy (15 M$).

Les tournages de The Mummy 3 (135 M$), Pink Panther (100 M$), Deathrace 3000 (55 M$) et Get Smart (40 M$) ont également déserté Montréal.

Plusieurs autres productions avaient envisagé le Québec comme lieu de tournage, mais elles ont décidé de retirer leurs pions. C'est le cas de The Incredible Hulk, une production de quelque 110 M$.

«Le débat n'est plus de savoir qui a raison ou qui devrait nous représenter. L'urgence, c'est de s'arranger pour que les productions se fassent à Montréal», conclut Catherine Gélinas, une chef habilleuse.

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