LES GÉNIESMaurice Richard 9, les autres 7Maxime Demers Le Journal de Montréal 14-02-2007 | 05h52
On se souvient qu'aux Jutra de l'an passé, le réalisateur de Maurice Richard, Charles Binamé, avait déploré le fait que C.R.A.Z.Y. avait tout gagné. Eh! bien, Binamé a fait hier le même coup que C.R.A.Z.Y. l'an passé aux deux galas: une razzia. En nomination dans 13 catégories, Maurice Richard (The Rocket pour le Canada anglais) a donc terminé la soirée avec neuf statuettes: le Génie de la meilleure réalisation (Charles Binamé), meilleure direction artistique, meilleures images, meilleur acteur (Roy Dupuis), meilleure actrice (Julie Le Breton), meilleur acteur de soutien (Stephen McHattie), entre autres. En fait, deux seuls prix importants lui ont échappé: celui du meilleur scénario (qui est allé à Congorama) et, surtout, celui du meilleur film, qui a finalement été remis à Bon Cop Bad Cop. Second grand favori de la soirée avec 11 mentions, Bon Cop Bad Cop a par contre mordu la poussière dans plusieurs catégories. Outre le prix du meilleur film, la comédie policière d'Érik Canuel a seulement gagné le Génie du meilleur son d'ensemble et - on le savait déjà - la Bobine d'or, remise au film canadien ayant récolté le plus d'argent au box-office (12,5 M$). En nomination dans leurs catégories respectives, le réalisateur Érik Canuel et les acteurs Patrick Huard et Colm Feore sont donc tous repartis bredouilles. 70 % Québécois En plus du triomphe de Maurice Richard, c'est encore une fois la domination du cinéma québécois qui surprend dans ce 27e gala des prix Génie. Comme l'an passé et l'année précédente, les artistes québécois avaient à eux seuls décroché plus de la moitié des mises en nomination. Les statistiques sont encore plus frappantes à l'analyse du palmarès: plus de 75 % des gagnants d'hier soir sont québécois. Quinze gagnants sur 19... Il y a toutefois eu des grands perdants, même du côté des Québécois. En lice pour sept prix, Un dimanche à Kigali, de Robert Favreau, n'a été récompensé qu'une seule fois (meilleur scénario adapté). Même l'acteur Luc Picard, que plusieurs voyaient déjà aller cueillir son prix sur la scène, s'est fait damer le pion (par Roy Dupuis). Aussi, Congorama n'a obtenu qu'un seul prix (meilleur scénario), tout comme Sans elle (meilleure musique originale) et La Vie secrète des gens heureux (prix Claude-Jutra). En nomination quatre fois, Guide de la petite vengeance et Cheech n'ont rien eu. Du côté du Canada anglais, il y a de quoi s'inquiéter. Pour les longs métrages, deux films anglophones seulement ont réussi à s'illustrer: Snow Cake (meilleure actrice de soutien pour Carrie Anne Moss) et Unnatural and Accidental (meilleure chanson originale). Les autres principaux candidats (Trailer Park Boys, Tideland) sont repartis bredouilles. Les années se suivent et se ressemblent... Un audacieux french kiss
Patrick Huard y est allé d'audace hier soir à Toronto et a décidé de réunir les deux solitudes en donnant un french kiss bien senti à son «bon cop», Colm Feore. Forts de leur victoire comme meilleur film de l'année au pays, ils avaient de quoi célébrer. Ne s'étant pas vus depuis longtemps, les deux hommes étaient d'autant plus heureux de se retrouver. Hier soir au cocktail avant les Génies, Patrick Huard et Colm Feore, les deux vedettes de Bon Cop Bad Cop, se sont sauté au cou l'un de l'autre, y allant même d'un bon french kiss mouillé. «I'm happy to see you!» a lancé Huard. «Me too!» a répliqué Feore. Les deux acteurs ont blagué quelques minutes ensemble avant de retourner parler aux journalistes. Les deux acteurs étaient d'ailleurs deux des stars les plus en demande avant le gala. Il fallait voir Feore et Huard multiplier les entrevues avec les réseaux de télé: Entertainment Tonight Canada, e-Talk Daily, Bravo, Radio-Canada en anglais et en français... Bon Cop Bad Cop, qui a fracassé tous les records du box-office canadien l'an passé, était d'ailleurs le sujet de l'heure au cocktail d'avant-gala. Les journalistes canadiens-anglais n'ont pas caché qu'ils étaient encore mystifiés par le succès de la comédie policière d'Érik Canuel (plus 12 M$ au box- office, dont 1 M$ au Canada anglais). Bon Cop Bad Cop 2? Quand Patrick Roy (du distributeur Alliance Atlantis Vivafilm) s'est pointé dans la salle de presse, il a d'ailleurs été harcelé de questions du genre «comment faites-vous pour rejoindre votre public?» ou encore «croyez-vous qu'un Bon Cop Bad Cop2 pourrait fonctionner aussi bien ?». «Ça pourrait même marcher encore mieux, a répondu Patrick Roy. Le truc, c'est qu'il ne faut pas copier les Américains. Il n'y a pas plus canadien que Bon Cop Bad Cop. C'est en partie pour cela que ç'a si bien marché.» Bon Cop Bad Cop a reçu hier la Bobine d'or (remis au film ayant amassé le plus d'argent aux guichets) et le prix Génie du meilleur film. L'an passé, c'est C.R.A.Z.Y. qui avait reçu ces deux prix. «Ce qu'ils ont dit ...»
Les gagnants
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