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ACTRA - Les acteurs anglophones déclenchent la grève
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Eric Peterson a annoncé le déclenchement de la grève.

ACTRA

Les acteurs anglophones déclenchent la grève

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
09-01-2007 | 09h38
Les acteurs anglophones tomberont vraisemblablement en grève demain au Québec. Une bien mauvaise nouvelle pour les tournages de films américains à Montréal.

Le blitz de négociations entre l'ACTRA (l'équivalent anglophone de l'UDA) et les producteurs de la fin de semaine dernière n'ont finalement pas permis d'en arriver à une entente. La (nouvelle) date butoir avait été fixée à hier. L'ACTRA disposait d'un mandat de grève obtenu avec l'appui de 97,6 % de ses membres. Ceux-ci sont sans contrat de travail depuis la fin de 2006.

Les membres de l'ACTRA ont quitté la table de négociations hier matin, à 6h. Les 21 000 acteurs et actrices canadiens ont par la suite été invités à ne pas se rendre sur les plateaux de tournage au Manitoba, en Ontario et en Saskatchewan.

Sauf que, fait étrange, pratiquement aucun tournage n'a été interrompu. Les producteurs avaient tous négocié d'avance des ententes directement avec l'ACTRA pour pouvoir terminer leur tournage. Aucune ligne de piquetage, donc.

Au Québec, la grève sera déclenchée demain matin. Cette nouvelle pourrait décourager encore plus les producteurs étrangers. Rappelons que récemment, trois à quatre producteurs américains étudiaient la possibilité de venir tourner à Montréal.

«Ces productions sont en stand-by en ce moment», explique Hans Frankin, commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec.

«Tant que la situation ne sera pas clarifiée, il n'y aura aucun contrat de tournage qui sera signé. J'ai passé la journée à tenter de rassurer des producteurs américains au téléphone, mais la nouvelle se promène déjà. Et une nouvelle comme celle-là, ce n'est jamais bon. Quelques producteurs m'ont dit qu'ils étaient confiants que ça se réglerait bientôt, mais je sais que d'autres ont déjà commencé à étudier la possibilité d'aller tourner ailleurs.»

La question Internet

Le dernier sprint de négociations entre l'ACTRA et les producteurs s'est bien déroulé jusqu'à ce que la question de la diffusion sur Internet et sur les nouvelles plates-formes (téléphone cellulaire, etc.) soit abordée. Les deux parties avaient même réussi à s'entendre sur une légère augmentation de salaire (3 % par année sur trois ans).

«C'est vraiment sur la question d'Internet que ç'a bloqué, souligne Raymond Guardia, un des porte-parole de l'ACTRA. On savait que les nouvelles technologies étaient importantes pour eux, mais pas à ce point. Ils voulaient que les comédiens ne soient pas payés une cenne pour la diffusion de l'oeuvre sur les nouvelles plates-formes. On a refusé.»

Les producteurs voient la problématique d'un tout autre oeil:

«L'ACTRA demande un paiement d'avance sur la diffusion sur les nouvelles plates-formes et nous, on proposait plutôt un partage des revenus, indique Céline Pelletier de l'APFTQ (Association des producteurs de films et de télévision du Québec). On n'a pas les moyens de payer en avance.»

La diversité pour survivre

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La question de l'utilisation des images sur internet est primordiale, selon Colm Feore.

«Au Canada, les acteurs doivent tout faire. C'est la seule façon de gagner sa vie ici. Il faut être diversifié, parce qu'il n'y a pas assez d'argent», déplore Colm Feore.

«Le succès profite aux producteurs, mais pas aux acteurs», ajoute l'acteur.

Il dénonce aussi le fait que les retombées économiques des films, que ce soit de la vente des DVD ou des produits dérivés, ne profitent pas aux acteurs.

Colm Feore est pourtant un acteur prolifique, fort du succès de Bon Cop Bad Cop.

La réalité est qu'il doit s'impliquer autant au théâtre que dans la narration de documentaires, dans les téléséries ou les films à petits et gros budgets.

La diversité est une question de «survie», pour reprendre ses mots. L'acteur apprécie toutefois la variété.

Nouveaux médias

Parmi les enjeux de la grève des membres de l'ACTRA, Colm Feore considère la question de l'utilisation des images dans Internet comme primordiale.

Il n'existe pour l'instant aucun contrôle sur les films téléchargés qui se retrouvent sur les Ipod et les téléphones cellulaires.

«On ne sait pas comment payer pour les voix et les images des acteurs qui se retrouvent sur Internet», explique-t-il.

Pour l'instant, la situation est la même aux États-Unis. «On est en discussion, on attend de voir si on sera en guerre pour le même enjeu», ajoute Colm Feore, membre également du syndicat américain, la Screen Actors Guild (SAG).

mdemers@journalmtl.com

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