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PLATEAU DE TOURNAGE DE CONTINENTAL

À go! tout le monde se fait ordinaire

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
06-12-2006 | 10h37
Le titre annonce bien les couleurs du film: il n'y aura pas de revolver, mitraillette, bombe ou explosion dans Continental, un film sans fusil, premier long métrage de Stéphane Lafleur. «C'est un film contemplatif sur la vie ordinaire de quatre personnes ordinaires», résume le jeune réalisateur.

«J'avais le goût de faire un film dans lequel des gens qui jouent généralement des personnages secondaires, c'est-à-dire du monde tout ce qu'il y a de plus ordinaire, deviennent des personnages principaux», expliquait hier Lafleur, entre deux prises, dans un hôtel de Laval situé sur le bord de l'autoroute des Laurentides.

Continental, un film sans fusil, «une comédie dramatique noire et parfois grinçante», c'est donc l'histoire de quatre personnes, deux hommes, deux femmes, dont les destins s'entrecroisent un jour à la suite de la disparition d'un homme dans une forêt.

Il y a la femme du disparu qui attend désespérément le retour de son homme (Marie-Ginette Guay), le jeune père de famille dont le couple est en crise (Réal Bossé), la réceptionniste de nuit dans un hôtel qui rêve d'une vie de couple (Fanny Mallette) et l'ex-joueur compulsif qui souffre de vieillir (Gilbert Sicotte).

«J'aime l'ambiance du film, souligne Fanny Mallette. C'est pas du tout verbeux, il y a de très longs plans, pas de remplissage. C'est très contemplatif; personnellement, c'est le genre de cinéma que j'aime voir.»

Réal Bossé abonde dans le même sens: «C'est du monde ordinaire dans leur vie ordinaire. La caméra vient voler des morceaux de vie à ces gens-là. C'est une oeuvre complète; avant même qu'on la tourne, elle existait. On n'a rien à inventer, tout est là. Pour un acteur, c'est un cadeau extraordinaire de jouer ce genre de rôle.»

Petit budget

Stéphane Lafleur, un ancien de Kino qui a mis en scène quelques courts métrages (dont Karaoké, remarqué au festival de Toronto) et qui a travaillé comme monteur pour plusieurs émissions de télé, n'a eu que 28 jours pour tourner son premier long métrage. Le film bénéficie d'un budget de 2 M$ seulement.

«Même si c'est un petit budget, j'ai eu de très bonnes conditions de tournage, précise Lafleur. On s'est bien débrouillés. En aucun moment je n'ai senti qu'on était ralentis par le budget.

«Cela dit, je suis tanné qu'on parle d'argent quand on parle du cinéma québécois. On parle trop d'argent et pas assez du contenu.»

En terminant, LA question: pourquoi Continental?

«Ça fait référence à la danse, répond Stéphane Lafleur. Le continental est une danse de groupe qu'on danse en solitaire. Ça décrit bien la vie de mes personnages.»

Le tournage de Continental, un film sans fusil a débuté le 29 octobre et se poursuit jusqu'à demain. Le long métrage met aussi en vedette Pauline Martin, Marie Brassard et Gary Boudreault.

mdemers@journalmtl.com

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