Bon Cop Bad cote

Cinéma du Québec à Paris - Bon Cop Bad cote

 

Maxime Demers
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 24-11-2006 | 08h08

L'incroyable succès populaire de Bon Cop Bad Cop au Québec a beau intriguer les producteurs et distributeurs européens, les spectateurs, eux, ne se bousculaient pas aux portes hier pour la première projection française du film d'Érik Canuel.

Une cinquantaine de curieux, à peine, s'étaient déplacés hier après-midi sur les Champs-Élysées pour voir le film le plus populaire de l'histoire du cinéma québécois. Cinquante personnes à 16h un mercredi, c'est pas si mal. Mais dans une salle de 300 sièges, ça fait un peu vide. D'autant plus qu'un peu plus tôt dans l'après-midi, Mon Oncle Antoine, le classique de Claude Jutra, a attiré deux fois plus de gens.

«Quand j'ai vu que Bon Cop était programmé en après-midi la première journée, je me doutais que ce ne serait pas plein, mais c'est sûr que je m'attendais à ce qu'il y ait un peu plus de gens, a admis le producteur du film Kevin Tierney, après la projection. C'est dommage parce qu'une comédie, ça fonctionne mieux quand la salle est pleine. J'espère qu'il y aura plus de monde à la projection de samedi.»

Malgré tout, les spectateurs présents ont, dans l'ensemble, aimé ce qu'ils ont vu. Dans la salle, les rires étaient moins fréquents qu'au Québec, mais quand même assez nombreux. Les gags plus physiques ont mieux fonctionné que les blagues se référant aux cultures québécoise et ontarienne. Les commentaires recueillis à la sortie étaient aussi encourageants:

«C'est génial», a lancé Kevin Tierney, un jeune homme dans la vingtaine en sortant de la salle. «J'ai beaucoup ri. Je ne croyais pas qu'il y avait tant de différences culturelles entre le Québec et l'Ontario.»

«Ce n'est pas mon genre de film, mais j'ai trouvé cela rigolo», a dit un autre.

Sous-titres adaptés

Présents à la projection, le réalisateur et l'actrice principale de la populaire comédie OSS 117 (Michel Hazanavicius et Bérénice Bejo) ont aussi aimé.

«J'ai adoré même si j'avais au début un peu de mal à comprendre l'accent, admet Bérénice Bejo. Au début, il y a des scènes où je n'arrivais carrément pas à saisir ce qui se disait. J'aurais aimé qu'il y ait plus de sous-titres.»

Car quelques sous-titres spéciaux avaient été ajoutés pour le public français. Il y en avait d'ailleurs quelques comiques. Exemples: la réplique «kesse qu'elle calisse ici, la tête carrée?» devient «qu'est-ce qu'il fait ici le rosbif?». «C'était pas le frère André» devient «Ce n'était pas l'abbé Pierre!». Et, tenez-vous bien, «Qui t'a appris à avoir un accent dans les deux langues? Jean Chrétien?» devient «C'est qui ton prof? Une vache espagnole?»

Par contre, les (nombreuses) répliques avec des sacres sont restées telles quelles. «Ostie de calisse de pourri de sale» demeure «Ostie de calisse de pourri de sale!»

«Je crois que les gens comprennent que ce sont des sacres, rigole Tierney. Je ne voulais pas non plus dénaturer l'accent québécois. Les sous-titres qu'on a ajoutés, c'est seulement pour aider les Français à suivre le fil de l'histoire.»

Bon Cop Bad Cop a été vendu dans près d'une quinzaine de pays jusqu'à maintenant (dont le Brésil, la Hongrie et la Russie), mais pas en France.

«Pour moi, la France est le territoire le plus compliqué, justement à cause de la question des sous-titres. Mais attendons de voir la réaction du public dans une salle pleine pour voir ce qu'on peut faire...»

mdemers@journalmtl.com


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