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Marc Béland - Le héros qui nous ressemble
Photographe: Philippe Bossé © TVA Films
Bernard (Marc Béland)

MARC BÉLAND

Le héros qui nous ressemble

Paul Villeneuve
Journal de Montréal
11-11-2006 | 10h35
Pour incarner le personnage de Bernard, le réalisateur voyait un Jack Lemmon. «Aux États-Unis, Jack Lemmonétait considéré commele héros qui nous ressemble. Pour moi, c’était très important que Bernard soit un héros ordinaire et, avec la qualité de son jeu, Marc Béland me donnait le Bernard que je voulais», précise Jean-François Pouliot.

Marc Béland, lui, était ravi d’incarner ce Bernard qui, voulant plaire à son patron, devient obsédé par son travail. Ce qui entraîne la rupture de son couple.

«Vendôme est, oui, manipulateur. Cet homme s’est construit lui-même et je ne pense pas qu’il soit consciemment méchant. Il est de ce tempérament-là. Comme Jean-François le disait, les gens n’existent que lorsque Vendôme a besoin d’eux», souligne-t-il.

Un homme excédé

Marc Béland est aussi d’avis que tout le monde connaît ce que peut être le désir de vengeance.

«La vengeance, ça exprime aussi la difficulté de confronter l’autre, le bourreau, d’aller le voir directement pour tenter de régler le différend. La vengeance, c’est au contraire utiliser la bande, si l’on peut dire, pour lui faire payer le tort qu’il nous a causé», souligne-t-il.

Mais est-ce qu’un homme comme Bernard, que l’on peut décrire comme un bon père de famille, pourrait vraiment aller aussi loin pour se venger d’un homme comme Vendôme?

Marc Béland rit.

«Je pense que oui. C’est un film, bien sûr,mais je pense qu’un homme aussi excédé que Bernard pourrait aller aussi loin que lui pour se faire justice. Bernard a tout perdu. Sa femme, sa fille… Sandrine, sa femme, n’a pas le choix. Elle sombrera avec lui si elle ne s’en sépare pas. Bernard n’est plus le même homme et, à ce degré d’écoeurement, il se dit: On y va! Mais il veut, comme il le dit, que ce soit tout petit.

Mais ça déraille. Il ne s’attendait pas à mettre les doigts dans un engrenage pareil.»

De bons souvenirs

Aux côtés de Gabriel Gascon, de Pascale Bussières et aussi de l’acteur français Michel Muller, qui joue le rôle de Robert, le complice de Bernard, Marc Béland a vécu des moments mémorables.

Il a d’abord été honoré de jouer en compagnie de Gabriel Gascon.

«C’est assez émouvant de partager la scène avec un pionnier tel que lui, qui fait partie du groupe de comédiens qui ont ouvert la voie pour nous, les plus jeunes comédiens. Je suis content d’avoir eu la chance de connaître ces gens-là, du moins d’avoir vu jouer les Jean Duceppe, Gilles Pelletier, Jean-Louis Millette et les autres. Je regardais Gabriel Gascon tout à l’heure, en me demandant si je pourrai, moi, à son âge, être ici pour jouer avec un jeune acteur.»

L’admiration que Marc Béland éprouve pour tous ces comédiens qui l’ont inspiré est de toute évidence profonde.

En la personne de Pascale Bussières, il dit avoir découvert une femme souple, gentille et sans caprice qui est là pour le travail.

«Elle est toujours très disponible et très agréable », souligne-t-il.

De ce tournage, Marc Béland se souviendra particulièrement de ce qu’il a vécu de chaleureux avec Jean-François Pouliot.

«En travaillant sur le personnage de Bernard, Jean-François m’a révélé certaines de ses expériences personnelles pour me nourrir moi. J’avais donc devant moi quelqu’un qui se rendait vulnérable.

Que l’on puisse, au niveau d’une rencontre professionnelle, également partager des choses sur le plan humain, je trouve ça très touchant. Je m’en souviendrai toujours», conclut Marc Béland.

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