PREMIÈRE VISITE À MONTRÉALJuliette Binoche accompagne son amoureuxMaxime Demers Le Journal de Montréal 03-11-2006 | 13h35
La première visite de Juliette Binoche à Montréal aura été brève mais intense. Arrivée par avion hier midi, elle donnait une conférence de presse trois heures plus tard, avant d'enchaîner sur un marathon d'entrevues individuelles. La raison de cette séance de promotion intense: Quelques jours en septembre, thriller de son petit ami Santiago Amigorena, dans lequel elle a le rôle principal. Le film était présenté hier soir en ouverture du 11e Festival Cinemania. C'était peut-être sa première fois à Montréal, mais elle rappelle qu'elle a déjà joué une infirmière canadienne dans The English Patient, rôle pour lequel elle a gagné un Oscar en 1996. «Mais je n'avais pas le bon accent! lance-t-elle. J'espère que ça ne vous a pas trop plissé les oreilles...» Dans Quelques jours en septembre, Juliette Binoche incarne un agent secret français chargé de réunir la fille et le fils d'un agent américain (Nick Nolte) dans une Venise aux allures de nid d'espions. Dans ce thriller sur l'espionnage et le terrorisme, l'actrice fume le cigare et manipule les revolvers comme si elle avait fait ça toute sa vie. Pour se préparer, elle a eu droit aux conseils d'un vrai agent secret. «J'avais besoin de comprendre la vie d'un agent secret, explique-t-elle. De savoir ce qui le nourrit, ce qui lui donne envie de prendre des risques. Mais comme les agents sont très secrets (rires), il a fallu que je le cuisine un peu. J'ai fini par en apprendre des vertes et des pas mûres sur notre président, notamment. Ça m'a laissé un goût dégueulasse dans la bouche.» En entrevue, Juliette Binoche est souriante et rieuse. Une fraîcheur qui contraste avec certains personnages sombres et intenses dans lesquels elle s'est glissée jusqu'à maintenant. «Les sujets que je choisis ont du poids et de la gravité, souligne-t-elle. C'est nécessaire pour réveiller la conscience des gens. Mais la gravité ne m'a jamais empêchée d'être joyeuse !» Tourner en anglais Née à Paris il y a 42 ans (elle habite maintenant en banlieue parisienne), Juliette Binoche a commencé sa carrière au milieu des années 80 dans des films de Godard (Je vous salue Marie), Téchiné (Rendez-Vous) et Leos Carax (Mauvais Sang). Depuis L'Insoutenable Légèreté de l'être en 1987, elle alterne entre les films en français et en anglais. Tourner en anglais est devenu naturel pour elle. «J'aime tourner en anglais; c'est une langue que j'ai choisie parce qu'elle me permettait de m'universaliser. Je n'avais pas envie de rester toute ma vie en France «Je me rends compte aussi que j'ai plus de facilité à m'ouvrir dans mon jeu en anglais.» C'est d'ailleurs en anglais qu'elle a tourné Chocolat, un film qui a beaucoup marqué les gens, au point où on lui offre toujours du chocolat... «Depuis Chocolat, c'est génial, il y a du chocolat qui m'attend dans mes chambres d'hôtel; en Argentine, on m'a même offert une caméra en chocolat! Ça tombe bien: j'adore le chocolat! «Mais j'ai une deuxième passion: le sirop d'érable canadien! Dans le film que je tourne actuellement à New York (Dan In Real Life), il y a une scène où je dois mettre du sirop sur mes crêpes et j'ai demandé que ce soit du sirop canadien...» Le 11e Cinemania se poursuit jusqu'au 12 novembre. |