FILMS QUÉBÉCOIS EN FRANCEUne invasion sous le signe de la séductionMaxime Demers Le Journal de Montréal 09-10-2006 | 10h12
C'est du moins ce qu'a remarqué au cours des derniers mois Christian Verbert, directeur du Bureau européen de la SODEC, basé à Paris. Dans la foulée des récents succès des Invasions barbares (1,3 million d'entrées), La Grande Séduction (600 000 entrées) et plus tôt cette année C.R.A.Z.Y. (plus de 550 000 entrées), d'autres films comme Familia et Les États-Unis d'Albert ont comme de fait récemment pris l'affiche dans quelques salles de l'Hexagone. Congorama, de Philippe Falardeau, sortira aussi sous peu. «Le cinéma québécois apporte en ce moment un petit vent de fraîcheur en France, observe Christian Verbert. Le public français découvre une nouvelle génération de cinéastes et d'acteurs québécois et en redemande. Un film comme C.R.A.Z.Y., par exemple, ils n'ont jamais vu cela en Europe. Beaucoup de gens ont craqué aussi pour le jeune Marc-André Grondin. On parle de plus en plus de lui en France.» Années 1970 Ce n'est pas la première fois que les cinéphiles français s'emballent pour notre cinéma. Dans les années 1970, des cinéastes comme Michel Brault, Claude Jutra, Francis Mankiewicz et Gilles Carle avaient la cote dans l'Hexagone. «Les Français, et plus particulièrement les Parisiens, fonctionnent beaucoup par modes, souligne Verbert. À un moment donné, il y a eu un engouement pour le cinéma iranien. «Le cinéma québécois a déjà été à la mode à l'époque des Carle, Jutra et Brault. Il y a eu par la suite une période plus tranquille, il y a dix ou quinze ans. Les gens nous demandaient alors s'il y avait un nouveau Carles ou un nouveau Brault qui s'en venait. Les Français sont donc restés un peu accrochés à cette période. Mais maintenant, avec Les Invasions barbares et La Grande Séduction, il y a un nouvel engouement pour les jeunes cinéastes.» Intérêt Christian Verbert note un intérêt du côté du public, mais aussi des distributeurs et producteurs français et européens. Les récents succès commerciaux de nos films ne sont pas étrangers à ce phénomène. «Tout le monde se demande comment on a fait l'an passé pour aller chercher une part de marché de 18% avec si peu de productions, indique-t-il. L'année dernière, les distributeurs et acheteurs étaient tous curieux de savoir quel était ce film - C.R.A.Z.Y. - qui avait gagné tous les prix et amassé autant d'argent au box-office. «En ce moment, l'objet de curiosité, c'est Bob Cop Bad Cop, qui fracasse tous les records. Les gens du milieu du cinéma français et européen sont très intrigués par ce film qui supplante toutes les grosses productions américaines au box-office...» Christian Verbert est un des organisateurs de l'événement annuel Cinéma du Québec à Paris qui célébrera son 10e anniversaire du 22 au 28 novembre. |