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Bon Cop Bad Cop - Colm Feore envie le cinéma québécois
©Alliance Atlantis Vivafilm
Colm Feore dans Bonc Cop Bad Cop

BON COP BAD COP

Colm Feore envie le cinéma québécois

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
03-10-2006 | 11h35
«Quand j'ai annoncé que j'allais jouer dans Bon Cop Bad Cop, il y a des gens qui m'ont demandé: Pourquoi un film québécois? Je leur ai répondu que ça me tentait de jouer, pour une fois, dans un film canadien qui ne serait pas vu par ma mère seulement...»

Colm Feore, l'anglo ou, si vous préférez, le «bon cop» de Bon Cop Bad Cop, ne croyait pas si bien dire: depuis sa sortie, le film d'Érik Canuel a fracassé tous les records aux guichets québécois: meilleur premier week-end de l'histoire du cinéma québécois, plus longue période en tête du box-office (huit semaines) et ainsi de suite.

Puis, ce qui devait arriver arriva. La semaine dernière, Bon Cop a détrôné Séraphin au titre de film le plus lucratif de l'histoire du cinéma québécois.

Recettes records

La comédie totalise aujourd'hui 9 671 360$ de recettes, soit 300 000$ de plus que Séraphin.

«Près de 10 millions de dollars en huit semaines: c'est absolument incroyable! lance Feore au bout du fil, joint hier chez lui, à Stratford, en Ontario.

Chez nous, les films canadiens-anglais sont présentés dans une salle ou deux et ils restent à l'affiche deux ou trois semaines...

«Les Canadiens anglais n'ont pas l'habitude d'aller voir les films réalisés chez eux. Ils vont plutôt voir malheureusement les films américains, même les pires, et quand ils sortent de la salle, ils sont déçus et se plaignent que c'était mauvais. C'est triste.

«Je sais que beaucoup de gens du rest of Canada ont été surpris de rire autant en voyant Bon Cop. Ils ne sont pas habitués à s'amuser autant devant un film canadien.»

À l'américaine

Pour Feore, qui partage son temps entre le théâtre, le cinéma canadien et américain (on l'a vu autant dans 32 Films brefs sur Glenn Gould, de François Girard, que dans des blockbusters hollywoodiens, dont Pearl Harbor et The Sum of All Fears), les récents succès du cinéma québécois reposent en grande partie sur notre façon de lancer et de faire la promotion de nos films.

«Les Québécois savent vraiment comment supporter leurs artistes et leur cinéma, observe-t-il. J'ai été extrêmement surpris cet été quand j'ai assisté à la première montréalaise de Bon Cop, se souvient-il. C'était dans une salle de 3000 sièges remplie à craquer. Il y avait énormément de journalistes, de caméras de télé. Je n'avais assisté à ce genre de tapis rouge que pour les films hollywoodiens.

«À Toronto, on lance les films canadiens discrètement, dans une salle. Vous, en plus, vous faites une grande première à Montréal, puis vous partez présenter le film dans d'autres villes du Québec.

Star-system

«Les acteurs et le réalisateur se déplacent, ils restent après les projections pour parler aux gens. C'est sympathique et les gens savent que le film sort la semaine d'après. Je rêve qu'on fasse cela à l'échelle canadienne avec un film canadien. On pourrait le faire avec un Bon Cop II, par exemple...»

Colm Feore considère aussi que le Québec est chanceux d'avoir son propre star-system. Des grosses vedettes comme Patrick Huard et Roy Dupuis, le Canada anglais n'en a pas vraiment. Leurs vedettes à eux, ce sont Brad Pitt et Ashton Kutcher.

«On commence à avoir un petit star-system, mais notre pays est trop grand et la culture américaine y est trop omniprésente», déplore-t-il.

Pour gagner sa vie, Colm Feore ne peut évidemment se concentrer uniquement sur le cinéma et la télévision canadienne.

Il jouera bientôt Don Juan au théâtre dans sa ville, Stratford, et il vient de terminer le tournage de Intervention, un film avec Andie McDowell et Jennifer Tilly.

«Il n'y a pas assez de travail pour un acteur qui ne fait que du cinéma canadien. Au Québec, avec le dynamisme de la télé et du cinéma, c'est possible», conclut-il.

mdemers@journalmtl.com

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